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Chapter 2 of the untitled fanfic (with art)

   Izuku s'était réveillé dans sa tente vers 11 heure, il s’était endormi habillé uniquement de son caleçon et il faisait si chaud qu’il pouvait voir des gouttes de sueur se former sur sa peau. Le soleil traversait la fine toile qui le séparait de l'extérieur. C'était quand même assez comique de se dire que, dans ce camping rempli d’arbres gigantesques dont tous les emplacements étaient principalement à l’ombre tout le temps, leur tente soit exposée au soleil aux pires heures de la journée. 


En tournant la tête, il ne vit pas sa meilleure amie sur son matelas. Il l’avait laissé dormir sur le canapé des garçons… 


“Uuuugh…” Izuku gémit en passant ses mains moites sur son visage en repensant à la nuit dernière, ou plutôt très tôt ce matin.


Il avait fui.


Lorsque Katsuki l’avait surpris en train de l’observer, il avait regardé Izuku de la tête au pied avec une expression totalement abasourdie. 


Izuku avait bafouillé maladroitement une excuse, un truc stupide du genre qu’il cherchait le blond pour lui souhaiter bonne nuit, avant de partir précipitamment en laissant sa meilleure amie morte au monde sur leur canapé. 


Sauf qu'en franchissant la porte du chalet et en la refermant derrière lui, il remarqua la gêne dans son short beige, et vit le renflement flagrant en baissant les yeux dessus.


Merde!


Katsuki avait du voir ça, n’est ce pas? Oh mon dieu… il l’avait certainement vu…


Pas étonnant que le gars ait eu l’air si choqué… Il devait prendre Izuku pour un pervers et, franchement, il aurait eu raison.


Parce qu’une fois dans l’intimité de sa tente, ayant vérifié que l’entrée était bien fermée, et que son téléphone était bien éteint (juste au cas où des espions l'écoutaient, ou pire: sa mère. On n’est jamais trop prudent.) il se déshabilla jusqu'à son caleçon avant de se jeter sur son matelas et, oui, d’accord, peut être qu’il a soulagé un peu la “pression” et qu’il s'était endormi comme une merde couvert de ses propres fluides… Maintenant il se sentait en sueur et dégoûtant. 


Maintenant que la nuit était passée et que son cerveau était revenu après avoir lamentablement atterri sur le sol devant la chambre du blond pour laisser le contrôle à sa bite, il se sentait mal. 


Genre, très mal.


Il s'était masturbé en pensant à son voisin. Son voisin qui avait vu son érection. Izuku se dit, qu’avec un peu de chance, le blond n’avait pas fait attention, ou qu’il s'était dit qu’Izuku devait garder la télécommande de la télévision dans sa poche…


“Imbécile…” avec un soupir las, il balança ses jambes sur le côté et s’assit sur son matelas en attrapant un t-shirt qui traînait pour le passer sur sa tête. Il grimaça alors qu’il sentait le sperme séché sur son ventre. Il enfila rapidement un short qui traînait et sortit juste la tête de la tente pour vérifier que la voie était libre avant de mettre un pied dehors. L’air était étonnement frais, la tente retenait seulement la chaleur parce que les rayons du soleil frappaient dessus, mais une fois dehors Izuku frissonna presque à cause de la fraîcheur soudaine.


Il attrapa des vêtements propres et sa trousse de toilette et se dirigea directement aux douches. 


C'était des sanitaires communs mais chaque cabine de douche était privée, fermée et séparée par de grandes cloisons, si bien que le seul moyen de savoir si quelqu'un était là était de se fier au son.


Par chance, ou parce que le dieu des pervers et de la honte était de son côté, Izuku avait l’air d’être tranquille. Il choisit la cabine la plus éloignée de l'entrée, comme s’il ne voulait pas que quelqu’un le surprenne en train de nettoyer les preuves de son crime impi, et s'enferma dedans pour se doucher.


Après avoir fini, et réfléchi 27 fois au sens de sa vie, il éteignit l’eau et s'enroula dans sa grande serviette. 


Quelques secondes plus tard, il entendit deux voix entrer.


“Non, je ne joue plus avec lui. Je te l’ai déjà dit, putain.”


Il reconnut immédiatement la voix de Katsuki et se figea immédiatement avant de pouvoir ouvrir la porte.


“Je sais, mais c’est juste une tournée de 6 mois, tu seras de retour au printemps.”


Izuku avait déjà entendu cette voix mais n’arrivait pas à se souvenir d'où… il devrait peut être sortir? Mmh… Non… Il n’avait pas envie de voir Katsuki et encore moins dans les douches, avec un inconnu… 


“Hors de question.”


“Je pensais que tu voulais continuer la musique.”


“Tch. Bien sûr que je veux continuer. Mais je le ferai comme je l’entends, avec des gens que j’aurais choisi. Pas avec le groupe de drogués que ton frère à ramasser dans la rue.”


“D’accord. Je comprends, pour être franc je ne les aime pas beaucoup non plus, j'ai l’impression qu’ils ont une mauvaise influence sur Touya… c’est pour ça que je voulais que tu le rejoigne.”


Touya?


Oh oui! Il reconnaissait la voix maintenant, c'était le plus jeune Todoroki, celui avec les yeux dépareillés… Shouto?


“Écoute, moitié-moitié… Je ne suis pas le putain de baby sitter de ton abruti de frère. Il est assez grand pour prendre ses propres décisions, et si tu as un problème avec ça, tu peux lui en parler toi-même. Maintenant arrête de venir me harceler même pendant mes putains de vacances!”


Izuku entendit des pas s'éloigner en trombe, puis un silence… Il attendit encore 2 minutes pour etre sur qu’il était de nouveau seul, et en profita pour enfiler ses vêtements. Il ouvrit finalement la porte de la cabine de douche, et tomba nez à nez avec le garçon aux cheveux rouge et blanc.


Qui, maintenant, le regardait avec un air totalement ahuri.


Izuku devait être maudit. D’abord il se faisait surprendre en train de reluquer Katsuki, maintenant il se faisait surprendre en train d’espionner une conversation qui ne le concernait pas. 


Il aurait dû se noyer dans la douche.


“Tu nous écoutais?” Demanda t il.


“Q-quoi? Non! Je prenais une douche…” Il se mordit nerveusement la lèvre avant de soupirer. “... D’accord, j’ai peut être entendu… mais je promets que je n'écoutais pas volontairement!”


“Mmh. Ce n’est pas grave, de toute façon ce n’est pas comme si c'était un secret.” Malgré son air stoïque, Izuku ressentait une pointe de chagrin dans sa voix.


Il s’approcha du plus grand garçon en fronçant les sourcils d’inquiétude. “Euh… est-ce que tout va bien?”


Shouto haussa un sourcil vers lui, se demandant sûrement pourquoi cet imbécile au nid d'oiseau à la place des cheveux ne se mêlait pas de ses propres affaires… “Oui. Je devrais y aller.” Il se tourna pour regarder Izuku directement dans les yeux et lui fit un faible sourire. “Les tiens sont jolis aussi.” Puis il parti.


Qu’est ce qui était joli-... 


Oh…


Ses joues commençaient à chauffer.


Izuku resta confus en se dirigeant vers sa tente, étendant sa serviette sur un fil, que lui et Ochaco avait mis en place, pour qu’elle sèche, et jetant ses affaires de la veille dans son sac de linge sale. Shouto essayait-il d'être gentil…? De rendre le compliment à Izuku? Peut être… Ou… peut-être flirtait-il?


Izuku pouffa un rire. 


Non non non…


Pas moyen.


Izuku n'était pas vraiment dans la catégorie des gars attirants. Il était petit, avec un visage de bébé et ses tâches de rousseur n'arrangeaient rien. Ne parlons même pas de ses cheveux indomptable et de son goût en matière de mode. Et, d’accord, peut-être que son corps paraissait un peu attrayant, il avait des cuisses et des fesses assez épaisses, plus musclées que grasses, parce qu’il prenait régulièrement des cours de danse. Ochaco l’avait obligé à s’inscrire il y a deux ans parce qu’elle ne voulait pas y aller seule, il s'était finalement surpris à aimer ça et continuait à y aller même sans sa meilleure amie, qui avait totalement abandonné au cours de la première année. 


Enfin, à part ce point, Izuku n'était pas joli ou sexy, de son avis. Alors Todoroki ne pouvait pas le voir de cette façon. Impossible. 


En finissant de ranger ses affaires, Izuku aperçut une touffe de cheveux blond à travers la fenêtre du chalet. Katsuki avait l’air absorbé par quelque chose et avait un gros casque noir sur les oreilles, balançant sa tête en rythme. Ses lèvres bougeaient doucement comme s’il essayait de parler sans émettre de son, puis il porta un crayon entre ses dents. 


Izuku voulait être ce crayon pendant une fraction de seconde. 


Il se demandait si le garçon était en train d'étudier. Mais ils étaient en vacances et ne commenceraient pas l’université avant 2 mois, donc ils n’avaient aucun devoir sur lequel travailler. Peut-être se donnait-il du travail supplémentaire? Katsuki aimait étudier? Il devrait peut-être lui demander sur quoi il travaillait-


Un main le surprit et le sortit rapidement de son marmonnement intérieur. Lorsqu'il pencha la tête il vit le sourire caractéristique de Kirishima qui dirigea son regard de lui à la fenêtre. “Oh, Kats doit encore être en train d'écrire.” 


“Écrire?” Demanda Izuku. “Il est écrivain ou un truc comme ça?”


Kirishima souffla un rire. “Ouai, un truc comme ça. Il était le compositeur de notre groupe, et l’un des chanteurs aussi, quand il le voulait bien.”


“Le compo-” Izuku se retourna vers la fenêtre. “Il écrit des chansons?!” 


“Ouai, il fait ça de temps en temps, généralement quand il est contrarié…”


Izuku haussa un sourcil vers Kirishima. “Mais il est tout le temps contrarié…”


“C’est le point.” Kirishima se mit à rire plus fort. “Il a dû prendre un sac entier rempli de cahier vierge et je pense qu’il a dû en remplir deux depuis qu’on est là.”


“Deux?! En…” Izuku calcula dans sa tête depuis combien de temps ils étaient arrivés au camping. “En une semaine?!”


“Ouai, il ne dort pas beaucoup.” Kirishima haussa les épaules.


“Qu’est ce que vous foutez, connards?” 


Les deux garçons se tournèrent à nouveau vers la fenêtre maintenant ouverte, Katsuki avait déplacé le casque pour le laisser poser autour de son cou et les regardait.


“Je disais à Midobro combien tu étais génial!” 


“Putain?! Bien sûr que je suis génial.” Ses yeux rouges se retrouvèrent à transpercer Izuku avant qu’un sourire narquois se forme lentement sur ses lèvres.


Ce qui s'était passé la veille remontait tout d’un coup et Izuku se sentit soudain bouillir d’embarras. Il détourna rapidement son regard sur autre chose que l'objet de ses fantasmes de la nuit dernière. “Euh… Vous avez vu Ochaco?”


“Elle est partie avec Denki et Sero. Elle a essayé de t'appeler je crois.” Répondit Katsuki.


Oh merde, il n'avait pas rallumer son téléphone…


“Ouai, Sero a parlé d’un marché local pas très loin d’ici, ils sont partis il y a 20 minutes.” Continua Kirishima.


“Oh… D’accord.”


“Eh, tu veux rester avec nous?” Demanda le roux avec son plus beau sourire.


Izuku l’examina, puis regarda le blond qui hocha juste les épaules en réponse. “D’accord, pourquoi pas?” Répondit-il en souriant. 


Il suivit Kirishima à l'intérieur de leur logement et s’installa confortablement sur le canapé. C'était presque devenu une habitude, comme si c'était aussi un peu son endroit, et Kirishima était bien trop heureux qu’Izuku se sente aussi à l'aise avec eux.


“Au fait, ce chalet est différent des autres cabanes du camping… Comment ça se fait?” Demanda Izuku. Il était vrai que la petite bâtisse était assez atypique comparé aux autres. 


Contrairement à tous les autres logements du camping faits en plastique ou en matériaux dans le genre, ce chalet avait l’air plus vieux et pourtant très bien entretenu, les murs extérieurs étaient recouverts de planche en bois sombre, comme l’encadrement des fenêtres et de la porte d’entrée. Le toit était similaire à celui d’une petite maison avec des tuiles rougeâtres parsemé de mousse verte et brune. La terrasse devant l'entrée était du même bois que la maison et il en était de même pour la balustrade et les quelques marches qui permettaient d’y accéder. L'intérieur avait l’air assez neuf, peut-être récemment rénové. Les peintures sur les murs étaient propres et sans marque et le parquet sur le sol était trop parfait pour ne pas être neuf, un seul endroit avait l’air d'avoir été laissé tel quel. Une des poutres intérieur qui faisait l’angle d’un mur avait été laissée comme tel, comme si on avait essayé de la préserver, et Izuku pensait que c'était à cause des petites marques taillées dedans. 


Des petits traits, tracés au couteau ou avec autre chose, avec des années inscrites à côté. Les traits étaient espacés entre les années de quelques centimètres, mais il y avait à chaque fois 2 traits pour la même année, l’un était sur la gauche et l’autre sur la droite avec seulement une lettre sur le côté pour chacun. “K” et “I”. Seulement, ceux avec le “I” s'étaient arrêtés l'année où Izuku avait eu 7 ans alors que le “K” avait continué. Il ne lui en fallut pas plus pour comprendre que ce morceau de bois avait servi de toise pour mesurer la taille de deux enfants au fil des années. 


“Oh ouai, c’est celui des parents de Bakugou.” Répondit Kirishima en sortant Izuku de ses réflexions.


Au même moment, le blond sortit de sa chambre.


“C’est à tes parents? Tu veux dire que tu viens ici régulièrement?” lui demanda Izuku.


Katsuki le regarda avec un sourcil légèrement arqué. “Tous les étés depuis que je suis né. C'était à mes grands-parents, ils l’ont laissé à mes parents, et ils me l’ont laissé…” 


“Comme un héritage familial? C’est trop cool!” s'extasia Izuku. “J’aurais adoré venir ici en vacances quand j'étais plus jeune…”


“Pareille ici!” Ajouta Kirishima. “On aurait pu être pote et se construire des cabanes dans les bois!”


Izuku rit. “Oui! Ça aurait été génial!”


“Vous êtes tous les deux des crétins.” Grommela Katsuki en s'asseyant sur une chaise autour de la table, face à Izuku.


“Oh allez mec, je suis sûr que tu en faisais quand tu étais gamin!”


“Non.” Souffla le blond, et pendant une seconde Izuku pensait que la discussion était close mais ensuite il a ajouté. “J’ai construit un putain de fort indestructible, pas une stupide cabane de merde qui s’envole à la première rafale de vent.”


Kirishima afficha un sourire plus grand qu'Izuku ne l’avait jamais vu. “Ça c’est mon frère! Tu crois que c’est encore debout?”


“Putain j'espère bien. J’avais passé un été entier sur ça… Le seul problème c’est que ça fait beaucoup trop longtemps et que je ne sais plus où il est.”


“Mais si tu étais enfant ça ne doit pas être trop loin d’ici, j'imagine que tes parents ne t’aurorisaient pas à t’enfoncer trop loin dans la forêt.” Dit Izuku en posant son coude sur la table et en mettant son menton dans sa paume.


Katsuki le regarda puis haussa les épaules. “J'étais assez sauvage à l'époque, donc j’aurai pu m’aventurer assez loin.”


“Évidemment.” dirent Izuku et Kirishima en même temps, ils se regardèrent puis se mirent à rire.


Le blond fronça les sourcils, furieux. “Putain? Qu’est ce que ça veut dire?!” 


Izuku mit sa main devant sa bouche en essayant de retenir son rire et de paraître le plus naturel possible même si ses épaules tremblaient. Kirishima était beaucoup moins discret, il était plié en deux, les bras enroulés autour de son ventre et son rire résonnant contre les murs de la pièce. 


Izuku pensait vraiment que Katsuki allait leur exploser les genoux, ou leur faire tailler le bois des arbres alentour avec les dents, mais contre toute attente il se mit à rire avec eux. 


“Vous êtes vraiment des connards.” dit-il, mais sans son venin habituel, c'était presque… affectueux.


Ils passèrent les 30 ou 40 prochaines minutes tous les trois à discuter de choses et d'autres. Enfin c'était principalement Kirishima qui discutait avec Izuku, le blond était la et grognait des réponses de temps en temps, ne s’impliquant jamais trop. 


“Oh, ça me fait penser, j’ai un rendez-vous avec Mina aujourd'hui!” Dit joyeusement le roux.


Mina était la jeune fille qui travaillait au snack. Izuku avait appris qu’elle et les garçons se connaissaient depuis un moment parce qu’ils étaient tous allés au même lycée. C'était même Katsuki qui lui avait trouvé son job pour l'été. Il n’avait pas eu l’occasion de réellement la connaître, mis à part les quelques fois où il l’avait croisée au snack du camping.


“Ça fait 3 ans que vous sortez ensemble, remets toi.” Dit le blond en ne levant pas ses yeux de son téléphone.


“Elle est mon soleil… Tu ne peux pas comprendre tant que tu n’as pas été amoureux!” Rétorqua Kirishima en faisant la moue.


“Eh bien putain, qu’on me préserve de ça alors parce que je ne veux pas devenir aussi idiot que toi. L’amour t’as fait fondre la cervelle plus qu’elle ne l'était déjà.” 


Kirishima ne prit pas la peine de répondre à son ami et se tourna vers Izuku. “Et toi Midoriya ? Tu as un petit ami?” 


Izuku était ouvertement gay, enfin c'était plutôt qu’il ne s’en cachait pas, même s’il n'allait pas le crier sur tout les toits. Il en avait parlé lors de l'une de leur soirée quand tout le monde racontait ses expériences amoureuses. “Non, je n’ai pas de petit ami… J’ai été… très occupé avec les études.”


“Nerd” souffla le blond sans lever les yeux de son téléphone, un sourire sur les lèvres.


“Ooooh? Et ce gars aux cheveux super cool avec qui tu étais dans les douches plus tôt?” Le roux souriait narquoisement, bien sûr il avait dû croiser Todoroki qui sortait des douches peu avant Izuku…


“N-non, pas du tout! On s’est juste… croisé…” Izuku se tourna vers le blond pour observer sa réaction et fut surpris de voir que le gars avait les sourcils encore plus froncés que d’habitude (si c'était même possible) et regardait le sol entre ses genoux sans dire un mot. 


Il a dû comprendre qu’Izuku avait entendu leur conversation… Peut être qu’il devra s’excuser plus tard et expliquer que ce n'était absolument pas son intention de l'espionner… 


“Oh, okay, désolé d’avoir supposé…” dit Kirishima, penaud. Il y eut un son de notification qui le fit vérifier son téléphone. “Eh bien, désolé les gars je vais devoir vous laisser, ma reine m’attends!” Il souriait à pleine dents en partant laissant Izuku et Katsuki seul dans le chalet.


Le silence qui suivit le départ du roux était… gênant. Izuku savait qu’il devait dire quelque chose alors il utilisa tout son courage et le fit. “Je suis désolé… je-je ne voulais pas t'écouter avec Todoroki dans les douches, j'étais là et… et vous étiez déjà en train de parler alors je ne voulais juste pas vous interrompre…”


“Ça va. Je m’en moque” souffla Katsuki. “Ce n’est pas comme si c'était quelque chose de personnel de toute façon.” 


Pas personnel? Alors Izuku avait le droit d'être curieux? Non pas qu'il avait envie de savoir… De qui se moque t il? Il avait vraiment envie de savoir, son cerveau curieux et stupide devait savoir. “Tu étais dans un autre groupe avant?”. Des yeux rouges le fusillaient. “Je-je veux dire… tu n’es pas obligé d’en parler, évidemment! C’est… c’est ta vie, je n’ai pas à-”


Katsuki se mit à rire. “Putain, arrête de paniquer. Tu as le droit de poser des questions, je ne vais pas te tuer.” Il posa son téléphone sur la table et croisa les bras sur son torse en regardant Izuku. “J'étais dans le groupe du frère de moiti-... De Shouto.” 


“Touya?” 


Le blond haussa un sourcil. “Tu le connais?”


“On l’a rencontré avec Ochaco, il est à l'emplacement qu’on voulait initialement…”


Il soupire. “Je vois… Eh bien, ouai c’est lui.” il s’affala sur sa chaise en étendant ses jambes sous la table. “J’ai été dans son groupe pendant deux ans, jusqu’au lycée en fait. Puis je me suis barré pour monter mon propre groupe avec les idiots que tu connais.”


“Tu n’as pas toujours fait de la musique?” 


“Non, mes parents m'ont inscrit à de nombreuses activités parascolaires quand j'étais en primaire, soit disant pour “contenir mon hyperactivité et mon agressivité”… Comme des sports de combat. Et puis j’ai commencé le conservatoire vers la fin de la primaire.”


“C’est là que tu es tombé dans la musique?” 


“Pas vraiment en fait.” Il regarda le plafond. “Je n'écoutais même pas de musique avant ma rencontre avec les Todorokis. J’ai rencontré Shoto là bas lorsque nous avions 12 ans, il a décidé qu’on était… ami ou une connerie du genre… alors un jour il m’a traîné chez lui et son frère était là en train de gratter sa guitare en composant une chanson.” Le blond se mit à rire. “C'était vraiment nul. Ce mec a une belle voix mais pour ce qui est d'écrire c’est une vrai merde.”


Izuku sourit.


“Et puis ce connard a eu l'audace de me défier. Il m’a dit que si c'était si nul je pourrais facilement faire mieux. Alors c’est ce que j'ai fait.” 


“Tu as écrit une chanson?”


“J’en ai écrit 12.”


Les yeux d'Izuku s’écarquillèrent. “Tu as… Quoi?!”


Katsuki renifla. “Ouai. Touya ne m’a plus jamais lâché après ça, il m’a demandé s’il pouvait utiliser mes compositions pour ses chansons et j’ai dit oui. Il est devenu populaire très rapidement. 2 ans après il a quitté son groupe pour en rejoindre un autre, et comme ils n'avaient pas de batteur je les ai rejoint.” Katsuki se leva pour prendre une bouteille d’eau fraîche dans le frigo.


“Donc tu as joué avec eux pendant 2 ans après ça?” 


Le blond hocha la tête. “Mais ce groupe était… bizarre… Touya a changé de comportement, il s’est mit à boire, à prendre différentes drogues… J’avais 14 ans mais putain je savais que c'était pas normal un tel changement, ça a toujours été un excentrique mais c'était quelqu'un de bien… Puis il a commencé à dire que j'étais juste là pour écrire leurs putain de chansons, qu’ils se servaient de moi pour les rendre célèbre et que, sans eux, je n’étais rien. Ça m’a saoulé alors je me suis barré.” Il prit une grande gorgée de sa bouteille en s’appuyant contre le comptoir de la cuisine. “Peu après je suis rentrée au lycée et j’ai rencontré les gars. Denki jouait déjà de la guitare avec Kirishima et Sero faisait un peu de basse, alors pour déconner on s’est dit “pourquoi pas?”, une chose en entraînant une autre on a fini par faire des concerts, d’abord pour le lycée, puis pour la ville… et voilà.” Il sourit malicieusement à Izuku. “Tu sais tout.”


“Katsuki Bakugo, les origines.” Izuku lui rendit son sourire.


“Putain de nerd.” Katsuki rit.


“Mais ça n'explique pas toute cette histoire de mannequinat.” Ouai, Izuku était lancé. Et puis Katsuki savait déjà qu’il avait regardé ses photos alors ça ne servait à rien de se retenir avec ses questions. Même s’il mourait d’embarras.


“Mmh? Ah ouai… En fait c’est une histoire très simple: Mes parents sont dans la mode. Ils m’utilisent comme modèle pour leurs conneries de temps en temps. Voilà.” Dit il d’un ton totalement neutre comme s’il parlait de la météo.


“Dans la mode?”


“Mon père est designer et ma mère est une ancienne mannequin qui est devenue son assistante peu après ma naissance.” 


Izuku hocha la tête. D’accord, maintenant il en savait plus sur le blond. Il devrait peut-être noter toutes ses informations quelque part pour ne pas les oublier… Peut-être même avoir un carnet consacré seulement à son étude sur le blond… comment ça “étude”?! Il n’allait pas l'étudier, ce n'était pas un singe de laboratoire! … Mais peut être qu’il prendra quand même quelques notes… juste comme ça, en souvenir…


“Maintenant, à mon tour.”


Hein?


Izuku releva la tête pour croiser un regard de loup penché sur lui. Quand est ce que Katsuki s'était autant rapproché? Il déglutit en regardant le blond plané au-dessus de lui, une main posée sur la table et l’autre posée sur le dossier du canapé derrière Izuku, le maintenant enfermé sans aucun endroit où s’échapper.


Oh mon dieu.


Non.


Il savait exactement où allait aller cette conversation.


“Donc…Qu’est ce que tu faisais hier soir?”


“Qu’est ce que… qu’est ce que tu veux dire? E-eh bien… Nous avons passé la soirée tous ensemble et ensuite je suis allé me coucher… haha…” Izuku évita soigneusement de croiser les yeux accusateurs. Il savait très bien ce qu'il avait fait. C'était un pervers qui regardait un gars se déshabiller sans son consentement. Était ce illégal? Oh merde, c'était totalement illégal… Et si Katsuki portait plaintes? Izuku irait en prison! Et ils ne pourraient pas aller dans l’université de ses rêves et voir les larmes de joie de sa mère à l’obtention de son diplôme-


“Eh! putain, respire mec!” Une légère gifle sur la joue le fit prendre conscience qu’il était en train de faire une crise de panique. “Tu vas bien? Tu avais l’air absent pendant un moment et tu t’es mis à respirer rapidement…” le blond s'était agenouillé devant lui, un regard inquiet et une main rassurante sur le genoux d'Izuku.


“Je vais bien… Désolé pour ça…”


“Putain, pourquoi? C’est pas comme si tu pouvais contrôler tes crises d’angoisse, alors ne t’excuse pas comme un idiot.”


“O-ouai…”


“Et laisse tomber pour hier soir, je te taquinais... Je ne suis pas en colère contre toi.”


Quoi?


“Tu… tu ne l’es pas?”


“Bien sûr que non. Putain je suis à moitié nu sur des photos que des millions de personnes peuvent trouver simplement en tapant mon nom sur internet, tu crois vraiment que je vais me mettre en colère pour un imbécile qui m’a vu en caleçon pendant 3 secondes dans l'ouverture d’une porte?” Il se leva et lui ébouriffa les cheveux. “Ne te prends pas la tête pour des conneries pareilles, nerd. On est cool.”


“On est cool…” répéta bêtement Izuku, comme s’il n’arrivait pas à croire qu’il venait d'échapper à une mort par honte extrême.


Le blond s'assit à nouveau sur sa chaise et reprit son téléphone. 


Son téléphone…


“Merde!” Il se leva précipitamment sous le regard surpris de Katsuki face à ce mouvement soudain. 


“Euh…”


“Désolé, j’ai oublié de récupérer mon téléphone pour l’allumer, si ma mère m’appelle et qu’elle tombe directement sur ma messagerie elle serait capable de venir ici en hélicoptère pour vérifier que je ne me suis pas noyé dans le lac…”


Katsuki pouffa un rire. “N'abuse pas, nerd, je ne pense pas qu’elle-” le regard que lui envoya Izuku voulait tout dire. Elle le ferait. “Okay, vas chercher ton maudit téléphone et revient ici.”


“Tu veux… que je reviennes?”


Le blond haussa un sourcil. “Ouai. Quoi, tu ne veux pas rester seul avec moi? Je te fais peur?” Un sourire narquois ornait son visage maintenant légèrement penché sur le côté.


Izuku le regarda légèrement confus avant de lui rendre son sourire narquois en enclenchant la poignée de la porte. “Je n'ai pas peur de toi… Katsuki.” Il sortit rapidement pour aller récupérer son téléphone sans laisser au blond le temps de surenchérir.


Il courut pratiquement pour récupérer son maudit téléphone, qui était resté dans la tente, et l’alluma pour voir un seul message d'Ochaco pour le prévenir qu’elle partait pour la journée avec les garçons. Il lui répondit rapidement et avec un souffle de soulagement et un poids en moins sur l'estomac, il sortit tête baissée et faillit trébucher sur le blond qui l’attendait là mais fut rattrapé par une poigne ferme sur son biceps.


“Fais attention, putain de nerd…” grogna Katsuki. 


En levant la tête pour s'excuser, Izuku remarqua que le blond avait un sac de sport en bandoulière sur son épaule. “Euh… tu vas quelque part?”


“Lac.”


“Oh…” 


“Ne fais pas cette tête, idiot. Tu viens avec moi. Il fait trop beau pour rester à l’intérieur et je n'ai pas encore pu profiter du lac.”


“Et tu veux que je t’accompagne parce que…?”


Le blond haussa un sourcil. “J’ai besoin d’une putain de raison? Si tu ne veux pas venir, dis-le simplement.”


“Non! Je veux! Attends juste une minute” Il se retourna pour attraper un sac vide aléatoire, le sac de plage d’Ochaco ou il était écrit “ ̷B̷̷i̷̷t̷̷c̷̷h̷ Beach Bag”… tant pis ça fera l’affaire, et y fourrer tout ce dont il avait besoin pour le lac, sans oublier sa crème solaire cette fois ci. Il portait toujours un short pouvant aller dans l’eau juste au cas où. Il sortit, prêt et souriant. “C’est bon! On peut y aller!” 


Katsuki se mit à rire derrière son poing. “On dirait un putain de chiot à qui on a promis une promenade. Je peux presque te voir remuer la queue.”


Izuku fit la moue pour la forme mais il savait que le blond avait raison, il était peut-être un peu trop enthousiaste. Même s'il ne comprenait pas pourquoi, il avait vraiment, vraiment envie de rester avec Katsuki. 


Le blond lui ébouriffa les cheveux avant de prendre le chemin vers le lac, Izuku sur ses talons. Et honnêtement l’ambiance entre eux était vraiment meilleure. Peut-être avaient-ils juste besoin d’un peu de temps pour s’habituer l’un à l’autre, apprendre à se connaître un peu mieux et apprécier la compagnie de chacun. Ou peut-être qu’Izuku devait voir le blond à moitié nu et y survivre pour se sentir plus à l’aise. 

Le trajet vers le lac était assez court depuis leur emplacement de camping, peut être 5 minutes en marchant lentement, Izuku n’y prêtait pas plus attention que ça honnêtement. Une fois arrivés, ils s’installèrent sur la rive en posant leurs serviettes et leurs sacs sur l’herbe. Katsuki enleva immédiatement son t-shirt et Izuku fit tout son possible pour ne pas regarder même si son champ de vision était assez large pour apercevoir la peau parfaite, légèrement bronzé, douce et nu de son voisin…


Eh bien, il ne lui en fallait pas plus. Il jeta rapidement son propre t-shirt sur sa serviette et partit se jeter dans le lac pour noyer son cerveau pervers. 


Mon dieu que lui arrivait-il?! Il n'avait pas été aussi facilement excité depuis ses 13 ans, lors de son éveil gay grâce à son super héro préféré… C'était tellement embarrassant… 


Eh bien au moins seuls les poissons du lac auront la preuve de sa queue à moitié dure. En espérant que personne ne l’ait remarqué entre l’endroit où reposait ses affaires et ici où il s'était suffisamment avancé dans le lac pour que l’eau lui chatouille le nez. 


“Putain, qu’est ce que tu fous?!” 


Oh non… 


Non non non…


Il se retourna vers l’autre garçon et afficha son plus beau sourire. “H-hey! J’avais un peu trop chaud…?”


Katsuki l’avait rejoint. Et, puisque le gars étant largement plus grand que lui, l’eau lui arrivait légèrement en dessous des épaules. Eh bien, Izuku pouvait gérer ça. Même s’il avait mal aux dents de vouloir mordre ses putains d'épaules parfaites…


Donc la frustration sexuelle l’a poussé à avoir des envies de chair humaine. Très bien. C'était devenu un putain de vampire, ou un cannibale, ou un vampire cannibale… est ce que les vampires sont considérés comme cannibale? Techniquement ils ne boivent que du sang sans manger la chair alors-


“Qu’est ce que tu marmonnes à propos de vampire cannibale maintenant?” Le blond avait haussé un sourcil curieux en le regardant. 


Eh bien au moins il n’avait pas marmonné la partie où il voulait croquer ses épaules. 


“Oh, je… je pensais juste à un livre que j’ai lu récemment sur des vampires.” Bravo Izuku, 10/10 pour l’excuse la plus valable de l’histoire.


“Un livre sur les vampires? Merde, ne me dit pas que tu lis ces merdes de romances avec des vampires…” 


En toute franchise, il fut un temps où le jeune Izuku avait en effet lu certains de ces livres… une certaine saga en particulier. Mais c'était un adulte maintenant. Et il lisait des trucs d’adultes. 


“N-non! Je veux dire… c'était… euh…” une idée… une idée… vite… “Castlevania!” merci lui et sa connaissance en jeux vidéo. Voilà pour les trucs d’adultes…


Le blond avait l'air assez stupéfait. “... Le jeu vidéo?”


“Oui! En fait il y a plusieurs livres la dessus, il y a même des mangas!” Izuku se donna une tape dans le dos mentalement, pour une fois que ces connaissances sur le sujet lui sauvaient la peau…


Et vraiment, ça a été une conversation plus que bienvenu. Ils ont discuté de ça ainsi que de beaucoup d’autres jeux auxquels ils ont joué. Puis des mangas. Et enfin des super héros. Ils nageaient dans le lac en discutant pendant presque une heure avant de sortir pour se poser sur leur serviette. 


“Donc, ce que tu me dis, c’est que All Might a été ton éveil gay?”


Izuku, avec la grâce d’un phacochère, cracha l’eau qu'il était en train de boire par le nez. “Hmpf!... Merde! …”


Katsuki explosa d’un rire époustouflant qui fit oublier pendant une seconde à Izuku la douleur dans son nez. Il était beau. Tellement beau… et le décor… La forêt derrière lui, le soleil brillant sur sa peau mouillée, son sourire et le son de son rire… Tout ne faisait qu'accentuer sa beauté.


Il détourna les yeux avant d'être surpris en train de s’extasier trop ouvertement devant Katsuki. “Ouai… Peut être… Mais je n’avais que 13 ou 14 ans!”


“Putain de merde Deku, même si c’est un comics, ce putain de héro avait 40 ans! Il aurait pu être ton père!” Le blond continuait à rire au grand damne d'Izuku.


“Ugh… je sais…”


“Donc… Tu as un pervers de “papa”?” Le blond lui lançait son regard et son sourire le plus meurtrier et Izuku était mortifié.


“Oh mon dieu! Non!!!” son visage était plus rouge que les tomates que faisaient pousser sa mère. 


“Bien, bien… j'arrête avec ça, j’ai l’impression que tu risques d’exploser si je continue. Même si ça pourrait être vraiment drôle.” Il attrapa la bouteille qu’Izuku avait bu juste avant pour boire à son tour.


Et oui, Izuku était apparemment une petite écolière parce que putain de merde… voir Katsuki poser ses lèvres là où les siennes étaient il y a à peine une minute lui donnait des putains de papillons dans le ventre, les larves avec.


Change de sujet, Izuku…


“Pour être honnête… avant ça je le prenais comme un modèle… Un peu comme une figure paternelle, tu sais.”


Katsuki fronça les sourcils à ça et s'arrêta de boire. “... Tu n'avais pas ton père pour ça?”


“Hein? Oh, non, il est mort quand j'étais enfant...”


Là.


Médaille d’or de plombage d’ambiance.


“Attends… quoi?” 


Izuku se tournait vers le blond pour le trouver étonnamment surpris. En général quand il disait que son père était mort, il recevait toujours la même réaction: compassion. Mais ce qu'il y avait dans les yeux de son voisin s'apparentait plutôt à du choc et de la colère. 


De la colère?


Honnêtement il s'était habitué à la tendresse et à la compassion des autres, mais ça? Il ne savait pas comment le gérer.


“Euh… Ouai…” répondit il finalement. Parce que, que pouvait-il dire d’autre?


“Comment?”


“Accident de voiture…” Izuku n’avait pas vraiment envie d’en dire plus. Il y était. Il a lui aussi été gravement blessé ce jour-là mais a eu plus de chance que son père. Il tira légèrement sur le fil autour de son poignet et Katsuki sembla le remarquer.


“Hey, je suis désolé d’avoir fait remonter ça…” marmonna le blond avec une voix douce et rempli de tendresse en posant une main froide sur son épaule chaude.


Izuku lui sourit.


“Ça va, c’est arrivé il y a longtemps et puis je me souviens à peine de ce qu’il s'est passé à cause de la commotion alors-”


“Putain?!”


Voilà pour ne vouloir rien dire. Merde, il n’avait pas envie de voir la pitié dans ces yeux rouges… Mais il sentait aussi que Katsuki ne le lâcherait pas jusqu'à ce qu’il parle… “oh… euh… j'étais dans l’accident aussi…”


Katsuki avait les yeux comme des balles de golfe, et la bouche grand ouverte. “Putain? Attends, attends… Tu étais dans l’accident qui a tué ton père? Et comment ça “commotion?”?”


“Eh bien, j’ai pris un gros coup à la tête apparemment et mon bras droit à eu besoin de broche pendant longtemps…” il leva son bras pour révéler une vieille cicatrice pâle le long de l'intérieur de son biceps, c'était une ligne qui s'était affiné avec le temps, presque imperceptible pour ceux qui ne savaient pas. “Et j’ai aussi une jolie cicatrice en forme de C derrière mon oreille droite, mais elle ne se voit pas avec mes cheveux.” 


Izuku attendait une réaction, pitié, dégoût, peu importe… Mais il ne s’attendait absolument pas à ce que Katsuki attrape son bras pour glisser ses pouces le long de sa cicatrice. 


“Tu as dû avoir peur.” Murmura le blond en gardant ses yeux sur son bras meurtri.


Izuku avait envie de pleurer. Il avait eu peur, oui. Pas pendant l’accident, parce qu’il ne s’en souvenait pratiquement pas, mais après, lorsqu’il s’est réveillé avec du métal partout autour de son bras et avec son crâne presque entièrement bandé.


Il avait eu peur quand sa tête était vide de tout souvenir d’avant cet accident. 


Amnésie rétrograde, avaient dit les médecins.


Il ne se souvenait de rien. 


Il ne se souvenait pas de sa mère qui était assise près de lui, tenant sa seule petite main valide pendant qu’il la regardait d’un air vide sur son lit d'hôpital. 


Il ne se souvenait pas de ses camarades de classe qui étaient venu le voir quelques temps après son réveil.


Il ne se souvenait pas des deux adultes, une femme blonde et un homme avec des lunettes, apparemment des amis de la famille, qui serraient sa mère dans leur bras pendant que la petite femme sanglotait. 


Il ne se souvenait pas de son père.


Les médecins avaient conseillé la patience, en espérant qu'un jour ses souvenirs reviendraient. Mais aujourd'hui, presque 12 ans plus tard, il n'avait toujours rien récupéré.


La seule chose qui lui restait d’avant l’accident, et lui procurait un sentiment de nostalgie et d'apaisement, était ce morceau de fil orange que sa mère avait gardé pour lui pendant ses nombreuses opérations.


Elle ne savait pas d'où il venait mais elle savait que c'était très important pour lui. Alors elle l’a gardé en attendant qu’il puisse le remettre à son poignet.


Katsuki devait avoir un pouvoir sur Izuku parce qu’il ouvrit la bouche pour déballer tout ce qu'il avait vécu depuis son accident. Les mots coulèrent plus facilement que lors de toutes ses séances chez sa psy. Quand Izuku eut terminé il n’osait pas regarder le blond, alors il regarda le lac à la place, ses genoux contre sa poitrine en attendant que l'autre garçon digère toutes les nouvelles informations sur lui. 


“Donc tu as oublié tout ce que tu as vécu pendant les 7 premières années de ta vie.” dit finalement le blond. 


“Ouai.”


“Et tu n’as vraiment aucun souvenir? Genre des gens, ou des moments importants?”


“ En fait, j'ai quelques flashs. Pas grand chose, c’est plus des sons ou des sensations, et en général c’est déclenché par une émotion forte. Mais sinon non.” Izuku se tourne enfin vers le visage de Katsuki, et il n’est pas sûr de savoir s’il aime ce qu’il voit ou non. Ses sourcils blonds ne sont plus froncés et il a l’air plus peiné et confus qu’Izuku pensait qu’il le serait. “Mais ça ne me manque pas, tu sais? À l'époque c'était très bizarre, mais maintenant… Je vais bien? Je veux dire… Beaucoup de gens n’ont pas beaucoup de souvenirs de leur enfance après tout, même sans traumatisme crânien.” Il riait, mais pas Katsuki. Son visage était stoïque, comme s’il essayait d’analyser toute la situation.


“C'est de la merde.”


Eh bien, ça c'était inattendu.


“Pardon?” Demanda Izuku, confus.


“C’est de la merde. Tu dis que ça ne te fait rien, mon cul. Tu as oublié ton putain de père. À quel putain de moment tu souris en disant que ça va? Ça doit être horrible, il était… il devait être important pour toi, c'était ton père!” 


Izuku savait que Katsuki ne pensait pas à mal en disant cela. Et quelque part au fond de lui, derrière le mur qu’il avait érigé autour de sa souffrance, il savait qu’il avait raison.


C'était nul. 


C'était nul d’oublier son père et tout les souvenirs qu’il avait eu avec lui.


Il tira légèrement sur le bracelet. Son ancre dans l'océan sombre qu'était son esprit à ce moment-là.


Quelque chose de frais sur son épaule le sortie de ses pensées. Katsuki y avait pressé un peu de sa crème solaire, qu’il avait oublié de mettre avant de se précipiter dans l’eau. 


Le blond lui offrit son sourire signature, narquois et enjôleur. “Je n’ai pas envie de t’acheter encore cette merde à l'aloé vera parce que tu es trop idiot pour prendre soin de toi.” Il étala la crème sur l'épaule d'Izuku qui maintenant surchauffait. 


Attendez une seconde…


“C'était toi?!” 


“Hmm?”


“L’aloe!”


“Oh, ouai. Tu ressemblais à ce putain de fraise avec tes taches de rousseur, et tu grimaçais à chaque fois que ton visage bougeait. Tu avais l’air d’un idiot. Une fraiseidiote.” Il hocha les épaules nonchalamment puis se mit derrière Izuku pour mettre de la crème solaire sur son dos. “Putain. Tu as vraiment des tâches de rousseur partout.” 


Izuku savait qu’il rougissait, il pouvait sentir la chaleur émanant de son corps, bien que, si on lui demandait il dirait que c'était de la faute du soleil. Mais les mains du blond étaient divines et bien assez distrayantes pour qu’Izuku oublie la lourdeur de leur précédente conversation.


Oh… Il faisait ça exprès? Pour qu’Izuku ne se sente pas trop mal? 


Eh bien, peu importe. Ça fonctionnait. 


Ça fonctionnait même très bien parce qu’un petit bourdonnement satisfait sortie de sa gorge sans son accord lorsque ces grandes mains appuyèrent sur un nœud entre ses omoplates. 


Il était horrifié. Katsuki a entendu ça, c'était sûr… Mais étrangement il ne dit rien et continua d’appuyer sur l’endroit qui avait fait gémir Izuku. 


“Euh… Merci alors…” 


“Remercie moi en n'attrapant pas de nouveaux coups de soleil.” le blond termina et se leva pour rincer ses mains couvertes de crème dans l’eau du lac mais pas avant d'avoir étaler le surplus sur le visage idiot d'Izuku avec un sourire démoniaque, lui laissant des traces blanches sur le nez et les joues qu’il s’empressa d’étaler avec ses propres mains.


En revenant le blond s’allongea sur sa serviette et Izuku fit de même. Le temps était bon, le ciel était parsemé de quelques nuages blanc qui ressemblait plus à des petites morceaux de cotons déchiré qu'autre chose. Le vent était doux et agréable sur sa peau chauffée par le soleil.


“On devrait chercher cette maudite cabane.” Katsuki sortit Izuku de ses réflexions.


Il tourna machinalement la tête vers le blond, légèrement amusé. “Ah? Maintenant c’est une cabane?” 


Le blond leva les yeux au ciel. “Ferme la…” 


Izuku se mit à rire. Ouai, il pourrait peut-être chercher cette cabane. Peut-être pourrait-il y aller tous ensemble avec les autres… “On devrait faire ça.” 


“Bien.” Katsuki se leva d’un bon. “Alors nous ferons ça.” Il offrit son plus beau sourire à Izuku, avec le soleil rayonnant en arrière plan, rendant ses cheveux blond d’un blanc éclatant. Izuku sentit son coeur battre à cette vue. 


Merde…


Katsuki courut dans le lac, et Izuku le suivit machinalement. 


Ils passèrent le reste de l'après midi à nager et à jouer dans l'eau. À un moment, un petit garçon lança, sans le vouloir, son ballon sur la tête de Katsuki. Izuku pensait que le blond allait se mettre en colère contre le garçon, au lieu de ça il lui couru après dans l’eau en jouant “le requin qui allait le dévorer” en faisant hurler de rire le petit, ce qui, de l'avis d’Izuku, était vraiment adorable. La sœur du garçon les avait rejoint et ils ont joué avec les enfants jusqu'à ce que leur parents leur disent de rentrer. Le soleil s’accrochait à la pointe des arbres de l'autre côté du lac lorsqu’ils décidèrent à leur tour de rentrer.


Ils marchèrent côte à côte sur le chemin jusqu’au chalet, riant et discutant énergiquement comme s’ils avaient été amis depuis toujours.


Il n’avait peut-être plus ses souvenirs d’enfance, mais il s’en était créé de nombreux autres. Et il était sûr que cette journée allait rester parmi ses préférés. 


Lorsqu’ils arrivèrent devant le chalet, Izuku reçut une notification sur son téléphone. Il s'arrêta devant les marches et vérifia rapidement l' écran. 


C'était un message de sa mère. 


Un message étrange et étonnamment froid pour la petite femme qui envoyait sans arrêt des cœurs à chaque message qu'elle envoyait. Celui-ci n'en comprenait aucun. Il y avait juste une phrase qui fit légèrement frissonner Izuku…


Maman💚: Il faut qu’on parle.






Comments

Uh j'adoreeeee!! 😍 Hâte de lire la suite ❤️

Kichiiii

Thank you 😭🧡

Nyx

you can find chapter one in the collection ☺️

Nyx

Where is chapter one? Am I just blind?

Tarah LP

Aaahhh!! So good! ♥

Akizmo

I open it in the browser and then let it translate automatically. Here and there are a few mistakes due to the translation, but it's not bad and the sense definitely comes through (I have it translated from French to German)

Akizmo

Does anyone know how to translate on Patreon?😭🙏

Claire


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