Revue de presse de la semaine du 6 octobre
Added 2024-10-11 16:59:08 +0000 UTC
Image : Girl with Death Mask (She Plays Alone), Frida Kahlo, 1938
Le 11 octobre est la Journée internationale de la fille.
La génération des filles d'aujourd'hui est touchée de manière disproportionnée par les crises mondiales liées au climat, aux conflits, à la pauvreté et au recul des acquis durement obtenus en matière de droits de l'homme et d'égalité des sexes. Trop de filles sont encore privées de leurs droits, ce qui restreint leurs choix et leur avenir.
Pourtant, des analyses récentes montrent que les filles ne sont pas seulement courageuses face à la crise, mais qu'elles sont aussi pleines d'espoir pour l'avenir. Chaque jour, elles agissent pour concrétiser la vision d'un monde dans lequel toutes les filles sont protégées, respectées et autonomes.
Mais les filles ne peuvent pas réaliser cette vision seules. Elles ont besoin d'alliés qui les écoutent et répondent à leurs besoins.
Plus de 370 millions de filles et de femmes dans le monde ont subi un viol ou une agression sexuelle alors qu’elles étaient enfants
Plus de 370 millions de filles et de femmes en vie actuellement – soit 1 femme sur 8 – ont subi un viol ou une agression sexuelle avant l’âge de 18 ans, d’après de nouvelles estimations de l’UNICEF rendues publiques aujourd’hui.
Les toutes premières estimations mondiales et régionales relatives à la violence sexuelle envers les enfants – publiées en amont de la Journée internationale de la fille – révèlent l’ampleur mondiale de ces violences, qui touchent particulièrement les adolescentes, et entraînent souvent des conséquences pour la vie entière.
Si l’on tient compte des violences sexuelles «sans contact physique» telles que les agressions en ligne ou verbales, le nombre de filles et de femmes concernées à l’échelle mondiale atteint 650 millions, soit 1 femme sur 5. Ces chiffres soulignent qu’il est urgent de mettre en place des stratégies complètes de prévention et de soutien permettant de lutter efficacement contre toutes les formes de violence et d’abus.
Dans des contextes fragiles, par exemple lorsque les institutions sont affaiblies, en présence de forces de maintien de la paix des Nations Unies, ou quand un grand nombre de réfugiés fuient en raison d’une crise politique ou sécuritaire, les filles sont exposées à un risque encore plus élevé, la prévalence des viols et agressions sexuelles dans l’enfance dépassant alors légèrement 25 %.

Au Québec, on estime que 11 % des femmes ont été victimes d’une agression sexuelle commise par une personne adulte avant l’âge de 15 ans.
Entre 2013 et 2022, 38 677 filles de 17 ans et moins ont été victimes d’une infractions sexuelles, selon Statistiques Canada.


Photo : Le fondateur de Juste pour rire brise le silence : entrevue avec Gilbert Rozon
Gilbert Rozon veut faire invalider un article de loi
Gilbert Rozon utilisera une défense plutôt inusitée dans le procès au civil qui l’opposera, dès décembre, à neuf femmes qui allèguent avoir été victimes d’agression sexuelle de sa part. Ses avocats tenteront ni plus ni moins de faire invalider un article de loi, sous prétexte qu’il brime les droits fondamentaux du magnat déchu de l’humour.
Le 3 octobre, les avocats de Gilbert Rozon ont avisé le Procureur général du Québec qu’ils comptaient plaider l’inconstitutionnalité d’un article de loi adopté par le gouvernement caquiste en juin 2020. Cet article de loi a aboli le délai de prescription civile en matière de violence sexuelle ou conjugale.
Depuis, il n’y a plus de limite de temps pour déposer une poursuite civile dans le but d’obtenir une indemnisation (il n’existait déjà aucun délai de prescription dans les cas de poursuites criminelles). Une présumée victime peut donc entamer des démarches judiciaires au civil même si les évènements reprochés remontent à plus de 30 ans.
L’abolition du délai de prescription ne constitue rien de moins qu’ «une intolérable violation des droits et libertés fondamentaux de Gilbert Rozon et de toute personne placée dans la même situation», écrivent ses avocats dans leur requête.
L’imprescriptibilité d’un recours contre M. Rozon enfreindrait son «droit à la sécurité psychologique», plaident encore ses avocats. Pire, elle transgresserait son droit «à la sauvegarde de sa dignité, de son honneur et de sa réputation».
Les avocats demandent carrément au tribunal d’invalider l’article de loi problématique en le déclarant «anticonstitutionnel et inapplicable».
Des femmes quittent la politique ayant l’impression d’avoir été des «plantes vertes»
Les femmes quittent volontairement la politique non pas à cause du sexisme, des doubles standards ou de la conciliation travail-famille, mais parce qu’elles se sentent sous-utilisées.
Voilà la conclusion d’Alexandre Dumas, historien et auteur de l’étude «Pourquoi les femmes quittent-elles la politique?» commandée par le comité des femmes du Cercle des ex-parlementaires de l’Assemblée nationale après la vague de départs de 2022.
Ce qui ressort de ses entrevues avec 21 anciennes élues, c’est qu’elles ont eu l’impression de jouer la «plante verte», explique-t-il en entretien au Parlement, reprenant la célèbre expression de l’ex-députée caquiste devenue conservatrice, Claire Samson.
Selon M. Dumas, Claire Samson — qui était outrée de devoir poser des questions scriptées d’avance en commission parlementaire — «illustre parfaitement la frustration suscitée par le sentiment de jouer un rôle d’apparat».
«On leur demande de lire des lignes de communication aux journalistes, de voter des projets de loi qu’elles n’ont pas eu le temps de lire et sur lesquels on ne leur demande pas d’avoir une opinion de toute façon, on leur donne les questions qu’elles doivent lire en commission parlementaire», précise-t-il en entrevue.
Les hommes sont plus nombreux à faire de la politique une carrière, dit-il. (Les femmes), au final, se demandent: «Pourquoi on fait ces sacrifices-là? Pourquoi on est en train de faire ça?»
Rassemblement à Québec: des femmes unissent leurs voix contre les féminicides
Des femmes ont uni leurs voix jeudi pour alerter la population et le gouvernement Legault, alors qu’un 20e féminicide a malheureusement eu lieu au Québec cette année, dépassant déjà le total de ces décès en 2023.
«On est ici pour dénoncer les féminicides pour parler de notre immense inquiétude parce qu’il y a beaucoup trop de féminicides en ce moment au Québec», a expliqué Élise Landriault-Dupont du Regroupement des groupes de femmes de la Capitale-Nationale.
«On est ici aussi pour dire que les violences ne doivent pas être banalisées, les féminicides, c’est la pointe de l’iceberg. À chaque fois qu’il y a un féminicide, il y a des milliers d’autres femmes qui sont victimes de violence conjugale», a-t-elle indiqué.
Elle souhaite ainsi que le gouvernement Legault mette en place toutes les mesures possibles pour éviter un autre drame et encourage les femmes qui sont dans une situation de violence conjugale à consulter les ressources disponibles.
Condamnation en 2022 Jacob Hoggard ne veut plus faire appel en Cour suprême
Le site internet de la Cour suprême du Canada indique que l’ancien chanteur du groupe Hedley s’est désisté le 4 octobre de sa demande d’autorisation d’appel.
Le même jour, Hoggard, âgé de 40 ans, a été reconnu non coupable d’agression sexuelle dans une affaire distincte, dans le nord-est de l’Ontario.
Dans l’affaire de 2022, à Toronto, un jury a reconnu Hoggard coupable d’agression sexuelle causant des lésions corporelles contre une femme d’Ottawa, mais non coupable de la même accusation et d’interférence sexuelle envers une admiratrice adolescente.

Le chanteur de Sum 41 Deryck Whibley dénonce les abus sexuels de son ex-gérant
Deryck Whibley, chanteur du groupe Sum 41, raconte dans ses mémoires que son ex-gérant et membre du groupe Treble Charger, Greig Nori, a usé de son autorité sur lui pour que les deux hommes aient une relation à caractère sexuel.
Dans son livre intitulé Walking Disaster: My Life Through Heaven and Hell, Deryck Whibley, qui est natif d'Ajax, en banlieue de Toronto, affirme que Greig Nori a utilisé son pouvoir sur lui afin de le manipuler, peu après la formation de Sum 41.
Les deux hommes étaient d'abord des amis, mais M. Whibley affirme que M. Nori l'a embrassé dans les toilettes, alors qu'il n'avait que 18 ans, lors d'une fête. Ils avaient pris de l'ecstasy, dit-il. M. Nori était dans la trentaine à l'époque.
Le chanteur punk affirme aussi que son ex-gérant est devenu agressif verbalement lorsqu'il a tenté de mettre fin à ces relations sexuelles.
«Je me sentais coincé dans quelque chose qui était plus facile d'accepter que de fuir.»
Le chanteur et animateur Luck Mervil subira son procès du 3 au 7 février 2025
Luck Mervil est accusé d’avoir agressé sexuellement une femme dans la nuit du 23 au 24 juin 2000 à Rimouski.
Rappelons que le chanteur a été arrêté le 29 novembre dernier par les enquêteurs de la division des crimes contre la personne de Rimouski.
L’avocate de Mervil, Me Anne-Marie Drouin, avait d’ailleurs enregistré un plaidoyer de non-culpabilité en février dernier pour son client, qui ne s’est jamais présenté devant la cour dans ce dossier. Dans une entrevue accordée à La Presse, Luck Mervil avait affirmé avoir été victime d’une «erreur sur la personne» et assurait ne pas connaitre celle qui a porté plainte.
L’homme d’une cinquantaine d’années n’en est pas à ses premiers démêlés avec la justice. Il a été condamné à six mois de prison à domicile en 2018 après avoir été reconnu coupable de l’exploitation sexuelle d’une adolescente. À ce moment, son nom avait été ajouté au registre national des délinquants sexuels pour une durée de 20 ans.

Affaires non résolues : Interpol ouvre ses «notices noires» pour identifier 46 femmes mortes
Comment s’appelaient «la femme en rose», «l’introvertie» ou «la globe-trotteuse» avant de mourir? Interpol a lancé mardi un appel au public pour identifier 46 femmes tuées ou mortes dans des conditions suspectes depuis un demi-siècle dans six pays d’Europe.
En publiant des extraits de leur «notice noire» – des alertes en principe réservées à l’usage de la police – l’organisation espère nommer «la femme aux papillons tatoués» retrouvée dans la Seine en 2016 ou «la femme enceinte aux colliers de grenat», découverte dans un bois de Bourgogne en 2001.
Pour chaque victime, l’organisation publie sur son site une reconstitution faciale, des détails concernant l’endroit et l’état dans lequel elle a été retrouvée ou des photos de vêtements ou de bijoux découverts sur les lieux.
«Regardez ces femmes […] pourraient-elles être votre amie, votre cousine, votre collègue, votre patiente, votre voisine, disparue subitement?» demandent dans la campagne vidéo la chanteuse Axelle Red ou l’actrice Carice van Houten.
«Vous pouvez les aider. Rendez à ces femmes leur identité».

Des catholiques prient dans la rue pour «réparer le blasphème des JO»
La cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Paris a eu lieu il y a bientôt deux mois et demi, mais la pilule semble toujours mal passer pour certains. Plusieurs centaines de croyants catholiques se sont réunis dans la capitale française pour un «chapelet de réparation sur le lieu du blasphème commis lors des JO», rapporte le Huffpost, jeudi 10 octobre.
Le lieu de leur rencontre n'est en effet pas le fruit du hasard. Ils se sont rejoints sur la passerelle Debilly, l'endroit même où Philippe Katherine avait chanté nu, peint en bleu et où des drags queens avaient performé, le 26 juillet dernier. L'extrême droite et les milieux religieux s'étaient alors insurgé de de la ressemblance entre cette séquence et le tableau de la Cène de Léonard De Vinci. Une similitude démentie par Thomas Jolly, le directeur artistique de la cérémonie d'ouverture.
«Environ 250 jeunes catholiques se sont réunis [...] après ce mélange de blasphème, de satanisme et d’idéologie LGBT lors de la 'cérémonie' d’ouverture des JO!», publie sur X, Mathieu Goyer, ancien militant de l’organisation catholique intégriste Civitas désormais interdite.
Nobel de science 2024: hommes 7, femmes 0
C’est un problème que l’Académie royale des sciences de Suède reconnaît elle-même: en 2018, elle avait procédé à ce qui, à son échelle, était une petite révolution, en envoyant dans son appel à candidatures la recommandation que soit désormais prise en considération la place des femmes, ainsi que des groupes ethniques et la “diversité géographique ».
Il n’existe pas de mises en candidatures officielles, mais il y a des comités pour les prix de médecine, de chimie et de physique: des groupes de six personnes dont la première tâche est d’envoyer chaque année à un groupe restreint d’experts des invitations à soumettre des candidatures. Seules les personnes ainsi invitées peuvent soumettre une candidature.
Sur 973 personnes qui ont reçu un Nobel depuis 1901, 64 étaient des femmes. Ce qui inclut les Nobel de la paix et de littérature. Mais si on ne calcule que les prix de science — médecine, chimie et physique — il ne reste que 23 femmes. En physique, on n’en compte que 5 depuis 124 ans.
Certes, il fut un temps où il n’y avait carrément pas de femmes dans la recherche scientifique, et un Nobel est remis pour une percée scientifique qui peut remonter à 10 ou 20 ans, voire près de 30 ans. Ça pourrait expliquer qu’il y ait eu seulement une gagnante du Nobel de médecine avant 1975, puis 5 entre 1975 et 2000, puis 7 depuis 2001. Mais avec des années creuses, comme 2024, 2022 et 2021…
Aujourd’hui encore, à travers le monde, ce sont moins de 30% des scientifiques qui sont des femmes.

Le prix Nobel de littérature 2024 attribué à l'autrice sud-coréenne Han Kang
Le comité récompense une œuvre qui "affronte les traumatismes de l’histoire et expose la fragilité de la vie humaine". "Un choix habile" et "un rééquilibrage vers les femmes et l'Asie", saluent les critiques.
Han Kang a "une conscience unique des liens entre le corps et l’âme, les vivants et les morts, et, par son style poétique et expérimental, elle est considérée comme novatrice dans le domaine de la prose contemporaine", a déclaré le président du comité Nobel Anders Olsson.
Six de ses romans ont été traduits en français, dont Impossibles adieux, lauréat du prix Médicis de littérature étrangère en 2023.
