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Revue de presse de la semaine

Le masculinisme, cheval de Troie de la dérégulation du monde

« Prôner l’énergie virile, c’est affirmer qu’on fait ce qu’on veut si on en a le pouvoir, tant pis pour le droit international ou les lois. »

L’historienne Anne-Sarah Moalic-Bouglé analyse les premiers jalons posés par le nouveau chef d’État américain et ses proches qui se revendiquent en modèle de masculinité.

On aurait tort de voir dans ce masculinisme revendiqué un phénomène anecdotique, lointain et limité aux relations femmes-hommes. Cette politique soi-disant anti-wokiste est en fait le cheval de Troie de la déconstruction de la société telle qu’elle a progressé ces dernières décennies. Les prises de position antiféministes doivent être rattachées aux autres déclarations de Donald Trump ou d’Elon Musk : limitation de la régulation de l’État pour l’information, visées expansionnistes sur le Groenland, le canal de Panama et le Canada, isolationnisme économique… Autant de projets qui visent tout simplement à faire exploser les cadres, les lois morales ou législatives, lentement construits, permettant d’assurer des relations plus apaisées et policées, qu’elles soient entre les pays ou entre les humains.

Nous faisons donc face à un grand projet de dérégulation du monde, la création de ce chaos favorisant la loi du plus fort. Prôner l’énergie virile, c’est affirmer qu’on fait ce qu’on veut si on en a le pouvoir, tant pis pour le droit international ou les lois. Et qui sont les plus forts, si ce n’est le président des États-Unis et l’homme le plus riche du monde ? Comment empêcher les vagues de flatteurs, de suiveurs, qui vont modeler leur attitude sur la leur?

Des CISSS et CIUSSS ignorent le nombre de décès d’enfants suivis par la DPJ

Depuis cinq ans, au moins 69 enfants sont morts au Québec alors qu’ils étaient sous la responsabilité des services sociaux, mais on ignore le vrai total, car certains établissements de santé ne sont pas capables d’avoir le portrait de leur territoire.

Par exemple, le CIUSSS de l'Estrie-CHUS n’a pas été en mesure de dire à Radio-Canada si des enfants suivis par la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) sont morts dans sa région depuis le décès tragique de la fillette de Granby, il y a six ans.

En plus du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, les CISSS et CIUSSS de la Mauricie-Centre-du-Québec, de la Gaspésie et de la Côte-Nord sont incapables de dire combien d'enfants sont décédés alors qu'ils étaient suivis par les services de Protection de la jeunesse.

Pour qu’il y ait une enquête, il faut que ces décès surviennent dans des circonstances obscures, dans un contexte violent ou dans un lieu spécifique. Ces lieux sont prévus dans la loi. Ça inclut les familles d’accueil, ça inclut d’autres endroits aussi, dont les postes de police, les milieux de détention. Il y a une série d’endroits qui sont prévus selon la loi et les cas doivent être signalés au coroner.

«La loi ne prévoit pas qu’un enfant suivi par la DPJ qui décède soit systématiquement signalé au coroner. Ce qui est prévu, c’est s’il y a des circonstances obscures, de négligences. À ce moment-là, il y a enquête.»

Un programme destiné aux victimes de violence victime de compressions

En septembre, Québec a mis fin à une partie du programme Rebâtir, lancé en 2021 pour favoriser l’accès à la justice aux victimes de violence.

La ligne téléphonique Rebâtir, qui offre depuis 2021 quatre heures de consultation juridique gratuite aux victimes de violence conjugale ou sexuelle, demeure active. Mais le deuxième volet du projet passe à la trappe.

La phase II du projet Rebâtir visait notamment à assurer la représentation, par un avocat, des victimes de violence conjugale ou sexuelle en cas de conflit d’intérêts. 

En un an, la phase II du projet Rebâtir avait permis l’ouverture de 190 dossiers. La Commission des services juridiques (CSJ), de qui relève le programme, a identifié des situations de conflits d’intérêts dans 26 cas, donc 14 % des dossiers. Jugeant ces cas « peu nombreux », la CSJ a ainsi décidé de mettre fin à la deuxième phase, qu’elle qualifie de projet pilote. Les 93 dossiers toujours actifs dans le programme Rebâtir II seront tout de même menés à terme par les avocats du projet, assure la CSJ.

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La CAQ «retourne les femmes à leur conjoint violent» avec ses compressions, selon le PLQ

La Coalition avenir Québec « retourn[e] les femmes à leur conjoint violent » en mettant fin à un programme d’aide aux victimes de violence conjugale et sexuelle, s’est inquiété jeudi le Parti libéral du Québec. Les oppositions ont unanimement dénoncé la décision du gouvernement.

Procès Rozon : Pénélope McQuade dit témoigner « pour celles qui n’ont pas de voix »

C’est accompagnée de son avocat que Pénélope McQuade s’est présentée au palais de justice de Montréal pour témoigner au procès civil contre Gilbert Rozon. Ce témoignage était particulièrement risqué pour l’animatrice, déjà visée, tout comme Julie Snyder, par une poursuite en diffamation de 450 000 $ de l’ex-magnat de l’humour.

Questionnée par les journalistes sur sa motivation à témoigner dans un procès dans lequel elle n’a rien à gagner, l’animatrice a répondu : Parce qu’il faut le faire pour celles qui n’ont pas de voix et pour donner la voix à d’autres.

Mme McQuade est la cinquième femme appelée à la barre dans le cadre d’une preuve de faits similaires. Les témoignages de huit femmes s’ajoutent à ceux des neuf demanderesses pour tenter de démontrer un comportement de prédation et un modus operandi de la part de Gilbert Rozon.

Les neuf demanderesses réclament près de 14 millions de dollars en dommages pour des attouchements ou des agressions sexuelles qu’elles auraient subis entre 1982 et 2004.

Véronique Moreau rapporte avoir été violée à répétition et droguée par Gilbert Rozon

Au procès de Gilbert Rozon, Véronique Moreau a relaté mardi sa relation de plusieurs années avec lui, qui a commencé quand elle avait 17 ans et lui 34. D’abord décrite par la femme comme un grand amour où elle se sentait « comme une princesse », leur histoire serait ensuite devenue ponctuée de relations sexuelles non consenties, et d’ecstasy glissée en douce dans ses verres. « Parce que tu es plus cool comme ça », lui aurait-il dit.

La sœur cadette de Véronique Moreau est Sophie Moreau, l’une des neuf femmes qui poursuivent en dommages Gilbert Rozon. Elles l’accusent de diverses agressions sexuelles. L’ex-grand patron de Juste pour rire nie tout et donnera prochainement sa version des faits. Véronique Moreau ne le poursuit pas, mais a été appelée à témoigner, car les avocats des demanderesses veulent démontrer des similarités entre les agressions alléguées.

Des femmes voient leurs images intimes publiées sur Internet sans leur consentement

Des Saskatchewanaises affirment avoir découvert un réseau de partage qui publie plusieurs milliers de vidéos et de photos intimes sur la plateforme en ligne Discord. Certaines de ces femmes se sont rendu compte que leurs photos avaient été relayées sans leur consentement.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) en Saskatchewan confirme que plusieurs détachements dans le nord-ouest de la province avaient reçu des appels concernant des images intimes de femmes qui circulent sur un site Internet sans leur consentement. Elle ajoute qu’une enquête est en cours.

Les autorités ont mentionné que le salon de clavardage a été supprimé depuis.

Diminution de l’activité sexuelle chez les jeunes

Une diminution de l’activité sexuelle chez les jeunes est observée dans de nombreux pays occidentaux, au cours des dernières années. Si les données sont plus limitées au Québec, des sexologues observent la tendance lors de leurs consultations avec la clientèle plus jeune.

«De plus en plus de jeunes privilégient leur bien-être mental avant de se lancer dans des relations intimes», selon les deux sexologues de Québec.

D’après Judith Sasseville, les changements dans la libido d’un jeune peuvent souvent être lié au stress et à l’anxiété.

«Les jeunes sont confrontés à une pression de performance et une nouvelle ère stressante autour de la sexualité.» En 2019, Statistique Canada révélait que 12 % des jeunes de 12 à 17 ans évaluaient leur santé mentale comme étant passable ou mauvaise. Quatre ans plus tard, en 2023, ce chiffre avait grimpé à 26 %.

« Je l’idolâtrais » : la présumée victime de l’ex-skieur Dominique Laroche témoigne

La présumée victime de l’ex-skieur acrobatique Dominique Laroche a raconté avec émotion la relation secrète qu’il a entretenue avec elle, pendant qu’elle n’était qu’une adolescente.

La jeune femme, aujourd’hui âgée de 30 ans, a été la première appelée à la barre lors de l’ouverture du procès de Dominique Laroche au palais de justice de Québec. Âgé de 63 ans, l’ex-athlète est accusé de crimes sexuels envers la jeune femme alors qu’elle était mineure.

Elle a raconté s’être rapprochée de lui à l’hiver 2007, alors qu’elle avait 13 ans. À l’époque, elle suivait des cours pour devenir monitrice de ski au centre Le Relais et séjournait toutes les fins de semaine au domicile de Dominique Laroche et de sa conjointe à Lac-Beauport.

Accusé d'agression sexuelle: l'entrepreneur Olivier Paré se dit victime d'un «acte de vengeance»

Accusé depuis mai 2023, l’homme d’affaires n’a pas révélé ses démêlés judiciaires aux gens d’affaires qui se sont associés à lui par la suite, reconnaît-il. Et ils sont plusieurs, dont le milliardaire Luc Poirier, son épouse Isabelle Gauvin, le co-président de la chaîne Salvatoré Guillaume Abbatiello et l’ancien dragon Georges Karam.

Olivier Paré est convaincu qu’il sera «déclaré non coupable sur l’ensemble des chefs» et dit avoir bon espoir que ses partenaires continueront de faire affaire avec lui.

«Les gens se font leur propre opinion en me rencontrant et ils voient bien que je fais les bonnes choses et que je suis une bonne personne», plaide-t-il.

Procès hors norme d’un chirurgien violeur en série en France : 299 victimes, un accusé

En France, 299 victimes face à un unique accusé : Joël Le Scouarnec, ancien chirurgien de 74 ans, va être jugé à partir du 24 février pour une longue série de viols et d'agressions sexuelles commis sur d'anciens patients, en majorité des mineurs au moment des faits.

Ce procès d'une des plus grandes affaires de pédocriminalité jamais jugée en France se tiendra devant la cour criminelle du Morbihan, dans l'ouest de la France, pour une durée prévue de quatre mois.

Les victimes identifiées par la justice étaient souvent endormies ou en phase de réveil lorsqu'elles ont subi ces actes criminels, a révélé l'enquête.

Annecy : la reconnaissance d’un terrorisme masculiniste. Une première?

Le 16 février 2025, un adolescent de 17 ans diffuse en direct sur TikTok une vidéo dans laquelle il menaçait de s’en prendre aux femmes, armé d’un couteau. Son contenu est signalé sur la plateforme PHAROS à 12h36, déclenchant une intervention des forces de l’ordre. Localisé à Annecy, il est approché par les gendarmes à 12h44  Face à eux, il brandit son arme, les forçant à le neutraliser en faisant usage d’un taser, puis d’une arme à feu.

L’attentat déjoué à Annecy a reçu peu de couverture médiatique, une discrétion qui ne surprend plus lorsqu’il s’agit de violences perpétrées contre les femmes et les minorités de genre. Pourtant, cet événement semble marquer un précédent historique : un passage à l’acte inspiré par la radicalisation masculiniste est qualifié sous des chefs d’accusation relevant du terrorisme.

Time dévoile ses « Femmes de l’année 2025 »

Quels sont les problèmes les plus importants auxquels sont confrontées les femmes et les filles dans le monde à l'heure actuelle ? Les défis ne manquent pas, qu'il s'agisse de la violence fondée sur le genre, des atteintes aux droits des femmes ou des dangers d'un climat instable. Mais partout où l'on peut trouver ces menaces, on peut aussi trouver des leaders qui poussent au changement. Les 13 femmes figurant sur la liste de cette année œuvrent toutes, à leur manière, à la création d'un monde meilleur et plus équitable.

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Femme de l’année : Gisèle Pelicot est à l'origine d'un mouvement de soutien aux victimes de violences sexuelles

C'est Gisèle elle-même qui l'a le mieux dit, d'un endroit où elle n'aurait jamais imaginé se trouver : à la barre des témoins en octobre dernier, avec l'attention du monde entier fixée sur elle. « Je voulais que toutes les femmes victimes de viol - pas seulement lorsqu'elles ont été droguées, le viol existe à tous les niveaux - je voulais que ces femmes disent : "Madame Pelicot l'a fait, nous pouvons le faire aussi", a-t-elle déclaré. La motivation qui l'a poussée à participer aussi publiquement à son procès n'était pas simplement du courage. "Je dis que ce n'est pas de la bravoure", a-t-elle déclaré à la Cour. "C'est la volonté et la détermination de changer la société." Peu de gens peuvent se targuer d'avoir une chance aussi crédible de le faire.

Tribune : « Nous, médecins, souhaitons dénoncer publiquement le sexisme systémique dans le monde médical hospitalier et universitaire »

Alors qu’une enquête du conseil de l’ordre des médecins estime que plus de la moitié des médecins femmes actives ont été victimes de violences sexistes et sexuelles, une centaine d’hommes du milieu médical, étudiants, internes, hospitaliers, professeurs s’engagent, dans une tribune au « Monde », à briser l’« omerta » et à « réagir ».

Une enquête récente du conseil national de l’ordre des médecins confirme ce qu’une thèse de médecine avait montré, en 2020, auprès de 2 200 internes, à savoir que plus de la moitié des médecins femmes actives (54 %) ont été victimes de violences sexistes et sexuelles. 

Here’s Why Trump May View Andrew Tate As An Ally

Le président Donald Trump ferait pression sur la Roumanie pour qu'elle assouplisse les restrictions de voyage imposées au criminel misogyne Andrew Tate, qui est engagé depuis des années dans un combat judiciaire dans le pays où il a été accusé de viol et de trafic d'êtres humains - et qui a également défendu le président pendant des mois auprès de ses millions d'adeptes sur les médias sociaux.

Les décrets de Donald Trump sur le genre ne protégeront pas les femmes

En prétendant protéger les femmes contre « l’extrémisme de l’idéologie de genre », Donald Trump les met en danger.

Les décrets de Donald Trump sur le genre (plusieurs suivront le premier) visent non seulement les droits, mais aussi celles et ceux qui les défendent2. Ils s’inscrivent dans le mouvement de ressac (backlash) antigenre, une réaction conservatrice et violente face aux avancées des droits des femmes et des personnes LGBTQI+. Ce mouvement utilise le vocabulaire féministe en le vidant de son sens : il prétend vouloir protéger les femmes, tout en les privant de leur autonomie et de leur libre arbitre.

Transgender references removed from Stonewall monument website

L'administration Trump a effacé les références aux personnes transgenres du site web du Stonewall National Monument de New York.

Sur le site du Service des parcs nationaux, l'acronyme LGBTQ+ a été raccourci en LGB, pour lesbiennes, gays et bisexuels.

D'autres sites web gouvernementaux ont également été modifiés après que le président Donald Trump a signé un décret reconnaissant uniquement deux sexes - masculin et féminin - dès le premier jour de son mandat.

Des militants ont dénoncé cette mesure vendredi et ont organisé une manifestation sur le site, qui est le premier monument national du pays dédié à l'histoire des lesbiennes, des gays, des bisexuels et des transgenres.

États-Unis: arrestation de cinq personnes accusées d’avoir torturé et tué un homme transgenre

Cinq personnes ont été arrêtées, accusées d’avoir tué un jeune homme transgenre après l’avoir torturé pendant des semaines, a annoncé la police américaine.

Des restes humains, qui pourraient être ceux de Sam Nordquist, 24 ans, ont été découverts dans un champ près de Canandaigua, dans l’État de New York, le 13 février.

L’ex-patron du soccer espagnol écope d’une amende pour le baiser imposé à Jenni Hermoso

Reconnu coupable d’agression sexuelle mais relaxé des accusations de coercition, l’ex-patron du soccer espagnol Luis Rubiales a écopé jeudi d’une amende de 10 800 euros [environ 16 000 $] pour le baiser imposé à Jenni Hermoso, une condamnation très éloignée des deux ans et demi de prison requis par le parquet.

Six femmes accusent Franck Gastambide de violences sexuelles, physiques et psychologiques

Dans une enquête publiée par " Mediapart ", vendredi 21 février, six femmes, dont trois de ses ex-compagnes, accusent Franck Gastambide de violences sexuelles, physiques et psychologiques. Pour trois d'entre elles, toutes actrices, les faits dénoncés auraient eu lieu " sur et en marge de plateaux de tournage ", peut-on lire dans l'article. Pour les trois autres, également des actrices qui ont été en couple avec l'acteur, les violences se seraient déroulées " dans l'intimité ".

Franck Gastambide dément les accusations de ces femmes. Il se dit même " victime " d'une campagne de calomnie d'une de ses ex-compagnes, qu'il accuse à son tour de violences et de menaces. Il parle d'un " cauchemar " et de " conséquences sur [sa] carrière professionnelle, [sa] vie privée et [sa] santé mentale ".

La racialisation du sexisme à l’École, ou comment on dévoie la cause de l’égalité

France : les programmes d’Éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle viennent enfin d’être publiés, comprenant une série des reculs devant la contre-offensive réactionnaire.

Dans son livre intitulé Discipliner les banlieues, l’éducation à l’égalité des sexes dévoyée (éditions La Dispute), Simon Massei revient sur la façon dont les politiques d’éducation à l’égalité entre les sexes ciblent aujourd’hui principalement le public racisé des établissements de quartiers populaires. Nous publions ici la conclusion générale de son livre. 

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