Revue de presse de la semaine
Added 2025-03-21 19:15:26 +0000 UTC
Hausse des cas d’agressions sexuelles signalés à Montréal
Près de 2500 nouveaux cas d’agressions sexuelles ont été signalés à Montréal l’an dernier. Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) peine à traiter les nombreux dossiers qui en découlent, faute de ressources, affirme son chef.
Devant cette pression, le chef de police, Fady Dagher, reconnaît qu’il faudra plus de ressources pour répondre aux nouvelles plaintes et aux dossiers accumulés pas encore traités.
Selon les données tirées des rapports trimestriels du SPVM, 2 428 dossiers pour agressions sexuelles ont été ouverts l’an dernier.

La section des agressions sexuelles comprend actuellement entre 32 et 34 enquêteurs et 2 autres devraient s’ajouter sous peu; mais pour le chef de police, ce n'est pas assez.
Il n’a pas été possible de savoir combien de dossiers étaient actuellement en attente d’être traités, toutefois on précise que certains dossiers sont prioritaires, comme ceux impliquant des mineurs ou encore présentant des risques de récidive.
Au SPVM, on estime que les hausses de cas d’agressions sexuelles constatées depuis la pandémie demeurent en grande partie dues aux prises de conscience lors des mouvements de dénonciation.
Cabinet de Mark Carney : des militants pour les personnes handicapées et la diversité déçus
Des groupes militants critiquent vivement le premier ministre Mark Carney pour la suppression des postes ministériels dédiés aux personnes handicapées, aux femmes et à l’égalité des genres.
M. Carney a prêté serment vendredi, accompagné d’un cabinet réduit de 23 ministres, contre 36 sous l’ancien premier ministre Justin Trudeau.
Kamal Khera, ancienne ministre de la Diversité, de l’Inclusion et des Personnes en situation de handicap, est désormais ministre de la Santé, son poste précédent ayant été supprimé.
Le poste de ministre des Femmes, de l’Égalité des genres et de la Jeunesse, précédemment occupé par Marci Ien, a également été supprimé.
La directrice nationale de Le handicap sans pauvreté, Rabia Khedr, a affirmé que les décisions du cabinet envoient « un signal clair que l’accessibilité et l’inclusion des personnes handicapées ne sont pas une priorité absolue ».

La grande purge de l’équité-diversité-inclusion
En voyant le mandat de Femmes et Égalité des Genres Canada être morcelé au sein d’autres ministères, Mark Carney envoie un message fort dès les premières heures de son arrivée : les droits des femmes ne sont pas une priorité pour lui.
Chronique de Kharoll-Ann Souffrant.
Chaque fois qu’un gouvernement serre la ceinture, ce sont les personnes les plus marginalisées de la société qui écopent.
Créé en 2018 par le gouvernement de Justin Trudeau, le ministère Femmes et Égalité des Genres Canada avait pour mission de promouvoir et protéger les droits des femmes, des filles, de la jeunesse et des personnes issues de la diversité sexuelle et de genre. Forte des décennies de mobilisations de femmes à l’échelle du pays, Femmes et Égalité des Genres Canada avait notamment adopté l’analyse différenciée selon les sexes plus (ADS+).
Le Conseil québécois LGBT craint un « recul » des droits au Québec
Tandis que le comité de sages sur l’identité de genre formé par Québec s’apprête à déposer son rapport à la fin du mois, le Conseil québécois LGBT veut lui envoyer un message clair. « On s’attend à [ce qu’il n’y ait] aucun recul de nos droits et aucun recul dans l’accès aux services », lance, inquiet, le directeur général de l'organisme, James Galantino.
Même si la ministre Suzanne Roy, qui a mis sur pied le comité il y a plus d’un an, avait promis de ne pas revenir sur la question des droits existants, le contexte social et la montée de la haine nourrissent les appréhensions de M. Galantino
Selon lui, les difficultés liées à l’inclusion des personnes trans et non binaires se sont multipliées depuis la formation du comité.
«Nos plus grandes inquiétudes tournent autour de l’accès aux soins, l’hormonothérapie et la chirurgie. Au Québec, c’est le désert. C’est ce qui est le plus menacé, en particulier pour les mineurs.»
Violences sexuelles et crise du logement, deux injustices sociales à combattre
L’augmentation du coût de la vie et des loyers exacerbe les inégalités présentes au sein de notre société. Les premières victimes de cette réalité? Les femmes.
Consciente de cet enjeu, l’équipe du CALACS Agression Estrie tient à dénoncer les violences sexuelles subies par les femmes, alors que des milliers de locataires et de familles s’apprêtent à signer ou à renouveler leur bail pour l’année à venir. Il est essentiel de mettre en lumière cette problématique et de reconnaître le lien étroit entre la crise du logement et les violences sexuelles dont les femmes sont victimes.
L’augmentation du coût des loyers limite drastiquement leur capacité à quitter un environnement violent, faute de pouvoir accéder à un logement sécuritaire et abordable. Il est impératif de considérer ce lien entre logement et violences dans l’élaboration de solutions concrètes.
Un logement contre du sexe : une tactique scandaleuse, mais fréquente
En Ontario, des hommes proposent dans des annonces en ligne des logements en échange de faveurs sexuelles. Une forme d’exploitation des femmes en situation précaire qui n’étonne pourtant pas la professeure Catherine Flynn, qui étudie ce milieu.
Cette façon de faire est connue depuis longtemps, avance Catherine Flynn, tout en ajoutant qu’il est rare que des femmes répondent sciemment à ce genre d’annonces.
Toutefois, elle explique qu’il arrive parfois que certaines d’entre elles se retrouvent dans cette situation de façon pernicieuse, contre leur gré finalement.
Malheureusement, chez certaines femmes en situation d’itinérance, ce genre de situation peut être vu comme la moins pire des solutions qui s’offrent à elles.
Qui s’occupe des flics violeurs?
La sentence est tombée le mois dernier : Christian Lachance, sergent au Service de police de la Ville de Québec (SPVQ), a écopé d’une peine de 28 mois d’emprisonnement. Pour viol. La victime est une collègue policière.
Lachance a été arrêté par la Sûreté du Québec (SQ) deux jours après avoir abusé de la vulnérabilité de la femme semi-comateuse.
Depuis, le sergent du SPVQ est défendu (comme Lehoux avant lui) par sa Fraternité – un nom qui sonne tellement « boys club », quoique l’organisation soit dirigée par une femme. Tandis que la victime, elle, a été ostracisée. Briser l’omerta policière, c’est mal vu.
Non seulement ça, mais en plus la victime doit elle-même contribuer à financer la défense de son violeur via une cotisation supplémentaire à cette Fraternité.
Cette politique de soutien, à l’origine mise en place pour protéger les flics de Québec contre d’éventuelles plaintes citoyennes présumées mal intentionnées, créé un petit malaise parmi les rangs policiers, mais un malaise qui s’exprime toutefois sous le couvert de l’anonymat. Une crainte de représailles qui en dit tristement long sur le climat au SPVQ.
Pourquoi le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) n’a-t-il pas enquêté Lachance? Parce que la Loi sur la police le lui interdit. En matière de crimes sexuels, la juridiction d’enquête du BEI s’arrête aux crimes sexuels perpétrés durant le quart de travail policier.
Un ex-humoriste condamné à verser 87 500 $ à sa victime
Un humoriste déchu ayant agressé sexuellement une femme à deux reprises a été condamné à lui verser 87 500 $. Le récit d’une autre victime a permis de démontrer son modus operandi.
Peu connu du public, l’humoriste Jessy Sheehy est sorti de l’École nationale de l’humour en 2013. Il a participé aux soirées Juste pour rire en tournée et au ZooFest. Il faisait partie de la clique des « Bad boys », des gars de sa cohorte qui buvaient beaucoup et « cruisaient » les femmes dans les bars.
Sa carrière a décliné en 2017 quand son nom est apparu sur une liste d’humoristes soupçonnés d’avoir posé des gestes sexuels. Il a alors perdu l’accès à certaines salles, mais a conservé ses contrats chez Juste pour rire. En 2020, son nom a figuré sur la liste de dénonciations anonymes « Dis son nom ».
En 2021, L. B. (une femme dont l’identité est protégée par le Tribunal) a poursuivi Jessy Sheehy au civil. Elle alléguait avoir été agressée sexuellement par celui-ci en 2015. Trois ans et demi plus tard, un juge de la Cour supérieure vient de donner raison à « L. B. ». La femme a livré une version « plausible, probante et convaincante » des agressions, alors que celle de Jessy Sheehy était « invraisemblable ».
Daigle et Siciliano déboutés en appel: les deux anciens des Tigres de Victoriaville devront purger leur peine de pénitencier
Nicolas Daigle et Massimo Siciliano sont tous les deux déboutés par la Cour d’appel. Les deux ex-hockeyeurs des Tigres de Victoriaville coupables d’agression sexuelle devront se constituer prisonniers d’ici le 26 mars prochain pour purger leurs peines de pénitencier.
Daigle avait été condamné à une peine de 32 mois de pénitencier, tandis que la sentence de son ex-coéquipier s’élève à 30 mois. Ils devront maintenant se livrer aux autorités carcérales d’ici mercredi prochain.
Rappelons que les deux athlètes avaient agressé sexuellement une jeune employée de l’hôtel où séjournait leur formation lors de la finale de la Coupe du Président de la LHJMQ en juin 2021.
La GRC confirme la découverte du corps d’une deuxième victime d’un tueur en série
Un deuxième lot de restes humains découverts dans un site d’enfouissement de la région de Winnipeg a été identifié comme étant celui de Marcedes Myran, dont la vie a été fauchée par un tueur en série en 2022, a annoncé la Gendarmerie royale du Canada (GRC) lundi.
La GRC du Manitoba a confirmé que les restes humains découverts lors d’une fouille du site d’enfouissement de Prairie Green appartiennent à Marcedes Myran, 26 ans, originaire de la Première Nation de Long Plain, dans le sud du Manitoba.
Cette nouvelle survient après qu’une première série de restes humains découverts lors d’une fouille du site d’enfouissement de Prairie Green a été confirmée plus tôt ce mois-ci comme étant celle d’une autre victime de Jeremy Skibicki, Morgan Harris.

Procès Le Scouarnec : l'ancien chirurgien reconnaît pour la première fois l'intégralité des abus sexuels sur 299 victimes
L'ancien chirurgien est jugé depuis près de quatre semaines pour viols et agressions sexuelles sur 299 patients.
Joël le Scouarnec a reconnu devant la cour criminelle du Morbihan, jeudi 20 mars, l'intégralité des abus sexuels sur 299 victimes. C'est une première depuis le début du procès, le 24 février. "C'est un moment de justice et de vérité qui a eu lieu de la part de l'accusé", a réagi Maxime Teissier, l'un des avocats de Joël Le Scouarnec.
Joël Le Scouarnec a également assuré "accepter les conséquences judiciaires". "Il se plie complètement à l'idée de justice, en tout cas telle que nous nous la représentons", a ajouté Maxime Teissier. Jusqu'ici, Joël Le Scouarnec avait reconnu les faits au cas par cas. "J'ai commis des actes odieux", avait-il déclaré lors de l'ouverture de son procès pour viols et agressions sexuelles sur 299 patients, âgés d'une dizaine d'années en moyenne.
+
Affaire Le Scouarnec : un silence coupable ?
Comment un pédocriminel a-t-il pu sévir pendant trois décennies, dans cinq établissements différents, sans jamais être inquiété ? Ni sa famille ni ses collègues n’ont signalé le moindre comportement suspect.
Pourtant, en 2005, il avait déjà été condamné à quatre mois de prison avec sursis pour importation et détention d’images pédopornographiques. Une peine sans obligation de soins ni interdiction d’exercer.
Violences sexuelles : comment le site « Coabuse » permet aux victimes d’un même agresseur de se retrouver
Grâce à un formulaire anonyme et confidentiel, le site Coabuse met en relation des victimes d’un même agresseur sexuel. En huit ans, 220 personnes ont pu prendre contact avec une autre victime et rompre ainsi l’isolement.
Créée en 2017 par Franck Favre, un webmaster bénévole, la plateforme unique en France permet à des victimes de violences sexuelles d’un même agresseur de se retrouver et de pouvoir dialoguer.
En huit ans, 6 300 personnes ont rempli le formulaire en ligne et 220 ont « matché » et ont pu prendre contact avec au moins une autre victime. D’après les statistiques publiées sur Coabuse, 50 % des utilisateurs se déclarent victimes de viols et l’intégralité des départements français ont fait l’objet de signalements.
+
#MeToo : comment le lien de « sœurs de plainte » peut réparer les victimes de violences sexuelles
Le courage d’une victime de viols pourrait-il changer la loi en France?
L’affaire Pélicot pourrait-elle conduire à un changement de la loi française ? Le 27 septembre, le garde des Sceaux Didier Migaud s’est prononcé pour l’ajout de la notion de consentement dans le Code pénal, sans donner plus de détails.
En France, la loi actuelle définit depuis le viol comme “tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, ou tout acte bucco-génital commis sur la personne d’autrui ou sur la personne de l’auteur, par violence, contrainte, menace ou surprise”. Cette définition, bien que relativement large, n’inclut nulle part la notion de consentement, centrale en droit civil pour régir les relations entre individus. En droit pénal, l’accent est traditionnellement mis sur les preuves de contrainte ou de violence, ce qui crée un vide juridique autour du consentement. Cette omission affecte non seulement le déroulement des procès, mais interroge aussi sur le respect de la dignité humaine.
France : le Sénat vote une loi pour réhabiliter les femmes condamnées pour avoir avorté
Cinquante ans après le vote de la loi Veil de 1975, qui dépénalise l’interruption volontaire de grossesse (IVG), le Sénat a adopté, ce jeudi 20 mars 2025, un texte pour réhabiliter les femmes condamnées pour avoir avorté illégalement, indique l’AFP.
Le texte entend faire reconnaître à l’État que les lois en vigueur avant 1975 ont constitué « une atteinte à la protection de la santé des femmes, à l’autonomie sexuelle et reproductive » ou encore « aux droits des femmes », et qu’elles ont conduit à « de nombreux décès » et été sources de « souffrances physiques et morales ».
« C’est une façon de dire que la honte doit changer de camp, que ces législations étaient criminelles », a expliqué Laurence Rossignol, qui défend « une démarche mémorielle après des décennies de honte et de silence ». Elle a notamment évoqué devant les sénateurs l’histoire de sa propre mère, qui avait elle-même avorté clandestinement.
Une étude montre que la thérapie hormonale d'affirmation du genre est liée à une baisse de la dépression chez les adultes transgenres
Selon une nouvelle étude, l’hormonothérapie d’affirmation de genre pourrait aider les patients à améliorer leur santé mentale ainsi que leur corps physique.
« Les patients transgenres, non binaires et de genre divers à qui l'on a prescrit des hormones présentaient un risque inférieur de 15 % de symptômes dépressifs modérés à sévères sur une période de suivi de 4 ans par rapport à ceux à qui l'on n'a pas prescrit d'hormones », a déclaré l'auteur principal de l'étude, le Dr Sari Reisner, professeur associé d'épidémiologie à l'École de santé publique de l'Université du Michigan, dans un courriel.
L'étude a analysé les données de 3 592 patients de deux centres de santé communautaires agréés par le gouvernement fédéral à Boston et à New York et a examiné à la fois leur prescription d'hormonothérapie et leurs scores au questionnaire de santé du patient, qui indiquaient leurs niveaux de dépression.
Un groupe de défense des droits des femmes lance une campagne pour obtenir l'extradition d'Andrew Tate
Une importante organisation de défense des droits des femmes a lancé jeudi une campagne pour que le violeur et trafiquant d'êtres humains Andrew Tate soit extradé des États-Unis.
Le groupe UltraViolet a également attaqué l'administration Trump pour avoir, semble-t-il, influencé les responsables roumains afin qu'ils autorisent Tate à se rendre en Floride le mois dernier .
Des bénévoles du groupe ont placardé des affiches « Indésirables à Miami », en espagnol et en anglais, représentant le visage de Tate et un code QR renvoyant aux détails des crimes présumés de lui et de son frère Tristan, dans toute la ville.
Ils ont également organisé une conférence de presse à l'heure du déjeuner dans le quartier de Wynwood à Miami, où le duo serait hébergé.
Gaza : les violences sexuelles et reproductives participent du génocide
Dans un rapport publié le 13 mars 2025, intitulé « Plus que ce qu’un être humain peut supporter », la Commission internationale indépendante créée par le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU rend compte de l’enquête qu’elle a conduite sur les actes de violence sexuelle, reproductive, et fondés sur le genre, commis par Israël et les colons en Palestine occupée, avec un accent porté sur Gaza.
Ces actes concernent tant les femmes et les jeunes filles que les hommes et les garçons. L’enquête conclut à une hausse majeure des actes de violence sexuelle depuis le 7 octobre 2023 et à un usage devenu « systématique ». Elle examine l’impact disproportionné des bombardements intensifs à Gaza sur les femmes et documente aussi plusieurs cas d’assassinats directs de femmes ou de jeunes filles par des snipers. Elle décrit les conditions de survie dans Gaza assiégée pour les femmes, notamment les femmes enceintes ou ayant récemment accouché. Elle analyse enfin les viols et violences sexuelles commises contre les femmes et les hommes à l’occasion des évacuations à Gaza, ou dans les lieux de détention, dressant un tableau choquant du comportement des soldats et des gardes, qui est rapporté à des ordres ou encouragements de l’État israélien.
Comments
Toujours pertinent et décâlissant. Merci.
Emilie Ouellette
2025-03-22 13:15:15 +0000 UTCMerci pour la revue hebdomadaire!
Calypso
2025-03-22 00:35:48 +0000 UTC