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Revue de presse de la semaine du 20 avril 2025

Trump demande aux AméricainEs (spécifiquement) de faire plus de bébés.

Après avoir restreint l'accès aux soins de santé reproductive, définancé l'éducation et la recherche, adopté des politiques réaffirmant la nature strictement biologique et reproductive des femmes, remis en cause les lois sur le divorce sans faute et refusé de légiférer sur le mariage des mineures, dans un climat de panique face au «grand remplacement», l'État affiche clairement son intention de «faire naître le plus grand nombre d'enfants possible.»

(Parenthèse : saviez-vous que le déclin du taux de natalité s'explique en grande partie par la diminution du nombre de grossesses chez les adolescentes ?)

Selon l’autrice féministe Moira Donegan, les propositions pour persuader les femmes de faire plus d’enfants pour la nation ne sont pas particulièrement inventives. Les militants natalistes qui collaborent avec l’administration Trump suggèrent de créer de cours de sensibilisation à la fertilité, de remettre des primes à la naissance de 5 000 $ pour chaque accouchement, et même de décerner une «Médaille nationale de la maternité» aux femmes ayant donné naissance à six enfants ou plus, comme en Allemagne nazie.

Curieusement, ces propositions ne comprennent aucune mesure pour répondre aux besoins urgents exprimés par les mères : des congés familiaux rémunérés, des services de garde d'enfants abordables ou des solutions au taux alarmant de mortalité maternelle aux États-Unis. La raison en est simple : le gouvernement n'est pas intéressé à rendre les grossesses plus sûres, les soins aux enfants plus abordables et égalitaires, ni à améliorer leurs conditions de vie.

Ces politiques visent à encourager les naissances essentiellement blanches, à imposer des rôles sociaux rétrogrades, fortement hiérarchisés et inégaux, à écarter les femmes de la sphère publique et à réduire leurs perspectives sociales, professionnelles et intellectuelles.

On rappelle que le président Emmanuel Macron emploie l’expression « réarmement démographique » pour décrire son plan de relance de la natalité, tandis que le candidat conservateur Pierre Poilièvre s’inquiète de l’horloge biologique des Canadiennes.

Kinder, Küche, Kirche.

À lire:

What is America’s pro-natalism movement really about?

White House Assesses Ways to Persuade Women to Have More Children

Procès civil contre Gilbert Rozon : « À la vie, à la mort, je vais soutenir mon frère »

Le procès de Gilbert Rozon a repris ce mardi après une tentative ratée d’appel qui aura duré plus d’un mois. Pour partir le bal, c’est la sœur de Gilbert Rozon, Lucie, qui a pris la parole. Elle a décrit son frère comme un patron « exceptionnel » qui lui a fait vivre « les plus beaux rêves » de sa vie.

Concernant le comportement de son frère vis-à-vis des femmes, Lucie Rozon a affirmé : « Oui, Gilbert aime les femmes, c’est un séducteur, je l’ai vu souvent faire des compliments. Mais je n’ai jamais été témoin de gestes déplacés de sa part et personne ne s’est plaint de lui à moi, a-t-elle affirmé. C’est jamais arrivé devant moi en tout cas. »

Procès civil de Gilbert Rozon : « C’était un carnage qui se passait autour de nous »

C’était au tour de Luce Rozon de témoigner jeudi. La sœur jumelle de Lucie s’est longuement attardée sur l’effet dévastateur qu’ont eu les allégations d’inconduite sexuelle visant Gilbert Rozon sur sa famille. Comme les derniers témoins de la défense, Luce Rozon a répété le même mantra : « tout le monde aimait Gilbert ».

Luce Rozon a indiqué au Tribunal avoir capoté en apprenant les allégations concernant son frère, n’ayant jamais eu vent en 30 ans à JPR de plaintes le visant, selon elle.

Luce Rozon est brièvement revenue sur le plaidoyer de culpabilité de son frère à l’endroit d’une jeune croupière du Manoir Rouville-Campbell, qui l’accusait d’agression sexuelle. C’était en 1998 pour les 15 ans du festival Juste pour rire.

«C’est nous qui l’avons encouragé à plaider coupable, même si c’était une agression mineure, on lui a dit de faire ça pour la famille, pour éviter de les exposer à tout ça. Mais ça a été un énorme choc pour nous. On était en détresse.»

Après l’épisode Rouville-Campbell, son frère François Rozon a quitté Juste pour rire. Plusieurs artistes importants comme Daniel Lemire et Michel Courtemanche ont également claqué la porte. Cet été-là, ses sœurs ont embauché un garde du corps pour qu’aucune fille ne s’approche de lui pour le « cruiser ».

Les hockeyeurs accusés d’agression sexuelle plaident non coupables au 2e procès

En ouverture de leur second procès, Michael McLeod, Carter Hart, Cal Foote, Dillon Dubé et Alex Formenton ont enregistré un plaidoyer de non culpabilité aux accusations liées à un viol collectif présumé qui serait survenu en 2018 dans une chambre d’hôtel à London, en Ontario. 

Ce plaidoyer fait suite à l'avortement soudain d'un premier procès, qui s'était amorcé mardi. En début de matinée, la juge Maria Carroccia de la Cour supérieure de justice de l’Ontario, a rappelé les 14 jurés choisis pour ce premier procès pour les informer de sa décision. 

Projet de loi 94 sur la laïcité : une surenchère qui discrimine les femmes

Lettre de Françoise David, Louise Harel et Christine St-Pierre.

Les trois autrices, anciennes députées de différentes formations politiques, dénoncent le projet de loi qui va limiter encore davantage le port de signes religieux dans les écoles, et qui pénalisera surtout les femmes.

Dans le scandale Bedford, la question des signes religieux n’est nullement en cause, car les dirigeants du clan majoritaire sont des hommes qui n’en portent pas.

Mais le ministre Bernard Drainville, en déposant le projet de loi 94, décide tout de même d’élargir considérablement la « loi 21 ».

Désormais, le port de signes religieux sera interdit dans les écoles publiques à toutes les personnes qui donnent des services aux élèves, que leur employeur soit ou non le centre de services scolaire. Signalons que les écoles privées, pourtant largement subventionnées par l’État québécois, échapperont à cette nouvelle obligation.

Qui sera touché, donc, dans les écoles publiques ? Une majorité de femmes. On revient donc au fameux débat sur le port du voile.

Nous posons la question : pourquoi signifier à des femmes désireuses de travailler en milieu scolaire comme éducatrices en service de garde ou aides à la classe, comme orthophonistes ou même comme cuisinières dans les cafétérias scolaires, qu’aucun signe religieux ne sera toléré ? Ira-t-on jusqu’à empêcher un CALACS (organisme féministe contre les agressions sexuelles) de dépêcher une intervenante portant un voile pour donner un atelier sur les relations amoureuses ou sexuelles entre les jeunes ? Tout cela parce que, supposément, ces femmes risqueraient d’avoir une mauvaise influence sur les enfants ?

Définition biologique d’une femme : la Cour Suprême britannique rend un arrêt transphobe et patriarcal

Ce mercredi 16 avril, on a vu des femmes britanniques conservatrice danser devant le bâtiment abritant la Cour Suprême du Royaume-Uni, se réjouissant d’une décision qui entérine un recul historique pour toutes les femmes, et en particulier pour les femmes transgenres. Dans son arrêt, la juridiction affirme que « les termes “femme” et “sexe” dans la loi sur l’égalité de 2010 se réfèrent à une femme biologique et à un sexe biologique », estimant que les normes anti-discrimination spécifiques aux femmes sont justifiées par leur qualité de mères ou de mères potentielles.

Une décision à forte portée idéologique, visant à renforcer l’association de l’identité des femmes avec la notion de maternité, une conception profondément patriarcale combattue de longue date par le mouvement féministe. En pratique, cette décision aura des conséquences très concrètes sur la vie des femmes trans : même en ayant légalement changé de sexe, elles ne pourront plus se prévaloir des lois britanniques contre la discrimination sexiste. 

Le jury du procès de Harvey Weinstein sera composé de sept femmes et de cinq hommes

Un jury composé de sept femmes et de cinq hommes a été constitué pour le nouveau procès de Harvey Weinstein pour viol. Il y a deux femmes de plus sur ce jury que sur celui qui l’avait condamné lors de son premier procès il y a cinq ans.

Harvey Weinstein est à nouveau jugé pour viol et agression sexuelle après que la plus haute juridiction de New York a annulé l’année dernière sa condamnation de 2020 et sa peine de 23 ans de prison. La Cour d’appel a estimé que son procès avait été entaché de décisions inappropriées et de témoignages préjudiciables.

Les corrélations entre les inégalités de genre et le changement climatique

La crise climatique n’est pas « neutre au regard du genre ». Les femmes et les filles sont les plus fortement touchées, ce qui accentue les inégalités de genre et expose leurs moyens de subsistance, leur santé et leur sécurité à des menaces spécifiques.   

La justice climatique féministe introduit une perspective de genre dans la lutte contre le changement climatique, reconnaissant que les facteurs de la crise climatique sont également les facteurs des inégalités de genre.   

Selon le rapport Gros plan sur l’égalité des sexes 2024, le changement climatique pourrait faire basculer jusqu’à 158 millions de femmes et de filles supplémentaires dans la pauvreté d’ici 2050 (16 millions de plus que le nombre total d’hommes et de garçons). Même aujourd’hui, le nombre de femmes confrontées à l’insécurité alimentaire et à la faim est supérieur de 47,8 millions par rapport à celui des hommes. 

Suggestion d’écoute :

Interface : nos expériences numériques

J’ai eu le privilège d’être invitée à participer à cette série balado animée par l’excellentissime Mélanie Millette, professeure à l’UQAM et spécialiste des pratiques numériques du féminisme.

« Le numérique est le fil rouge de la série, mais c’est aussi une occasion d'aborder plusieurs questions actuelles : l'image corporelle, la santé des femmes, les violences en lignes, le féminisme, le masculinisme, etc. Dans chaque épisode, [Mélanie Millette] discute avec des personnes stimulantes, généreuses et porteuses d'expertises diversifiées, dont Mouloud Boukala, Mélissa Blais, Marianne Prairie, Mireille Lalancette, Caroline Caron, Emdé Dussault, Mylène de Repentigny-Corbeil et plusieurs autres. »

Écoutez l’épisode 4, Expériences féministes, si vous voulez m’entendre glousser pour rien et couper la parole à la merveilleuse Mélissa Blais avec ma voix nasillarde. (C’est ma première expérience de podcast, soyez indulgentes je veux mourir de gêne!!!)


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